Ce n’est pas la première fois que les usagers des hôpitaux publics notamment dans la capitale se plaignent de la mauvaise qualité des prestations et services offerts par le personnel médical allant des médecins et paramédicaux en passant par les aides-soignants et le personnel d’appui. En fait, la situation est préoccupante, étant donné que les victimes ne cessent de manifester leur mécontentement face au comportement de certains employés médicaux des grands hôpitaux publics. Il ne s’agit pas de susciter la frustration des usagers comme l’a fait remarquer l’Ordre des médecins de Madagascar lors de la rencontre avec la presse dans l’après-midi du mardi 25 février en son siège à Tsimbazaza, mais de rapporter les faits réels que vivent les malades et leurs accompagnateurs dans un hôpital public.
Prenons par exemple le cas de la morgue de l’HJRA dont le service médico-légal a interrompu son service durant trois jours à cause d’une enquête menée par le Bianco touchant trois personnes de ce service. Ce n’est pas une raison de cesser les activités car il existe d’autres employés de ce service pouvant prendre leur place et assurer le fonctionnement de la morgue. Autres faits, bon nombre des paramédicaux, surtout les infirmiers en stage de perfectionnement ne savent même pas faire de la prise de sang des malades en cas de prélèvement nécessaire. Ou encore, ce sont aux internes en stage que les médecins confient le diagnostic des malades. Tout cela, sans oublier le paiement des carburants par les malades en cas de besoin d’ambulance, la location du bloc d’opératoire en cas d’intervention chirurgicale. Tout se paie, même le pansement et le nettoyage des chambres des malades, avec la cherté des médicaments.
Qualité de service et image des médecins
Il y a deux semaines de cela, la direction générale de la fourniture de soins auprès du ministère de la Santé publique a rappelé l’importance de l’humanisation des soins dans les centres de santé et hôpitaux publiques. La qualité de service a été fortement soulignée à l’endroit du personnel médical car les malades sont rois comme le dit cet adage « Izay marary andrianina ». Cette qualité devra être sentie dès l’accueil des malades au lieu d’être arrogant ou sévère ou manquer de respect parfois. Les hôpitaux doivent servir le public comme il se doit pour ne pas créer de polémique et malversations envers les médecins et paramédicaux. Il se pourrait que certains médecins se sentent visés par les remarques émanant des usagers, d’où la manifestation de la Plateforme des ordres des médecins, des sage-femmes, des médecins psychologues, des dentistes et des pharmaciens en sollicitant tout un chacun à l’accalmie et à privilégier le dialogue, quelles que soient les circonstances.
Concernant l’affaire Tahisy, des mesures vont être prises à son encontre au niveau du corps des sages-femmes, a annoncé la présidente de l’Ordre des Sages-femmes, Ranorolala Oméga Razafindrabe. Les mesures évoquées pourraient éventuellement se traduire entre autres par toute une série de mesures administratives, à commencer par une convocation en Conseil de Discipline, mais pourrait également se solder par une mesure judiciaire. Ranorolala Oméga Razafindrabe a cependant ajouté qu’il faut s’en remettre aux investigations en cours, et dont le résultat déterminera les dispositions à prendre. Jusque-là effectivement, le principal suspect à l’origine du décès de la mère et de son enfant aurait été incriminé pour pratique illégale de la médecine. Toutefois, l’Ordre des Médecins de Madagascar a également saisi cette occasion pour sortir de son mutisme, et se manifester ainsi sur d’autres sujets ayant récemment alimenté les polémiques, pour ne citer que l’affaire de vol d’organe sur un cadavre déposé à la morgue. Le président de l’Ordre des Médecins, le Dr Eric Andrianasolo a annoncé que les autorités planchent actuellement sur cette affaire et souhaitent qu’elle puisse se solder par un meilleur dénouement.
Dans tous les cas, estime le président de l’OMM, les médecins, généralement liés à certains engagements essaient d’exercer leur métier avec professionnalisme en fonction des moyens dont ils disposent, toutefois, plusieurs cas de figure peuvent se présenter. La préoccupation de l’Ordre des Médecins de Madagascar serait leur image pour l’instant, suite aux procès en justice successifs qu’ont subi ces derniers temps… une catégorie de toubibs.



