Les enseignants des écoles privées sortent de leur silence. Cela faisait presque deux mois qu’ils n’ont pas pu percevoir leurs salaires face à la crise sanitaire occasionnée par la pandémie du coronavirus. Depuis deux semaines, ces enseignants n’arrivent plus à supporter leurs difficultés quotidiennes vu la conjoncture actuelle, notamment face à leurs pairs des écoles publiques qui sont payés par mois en tant que fonctionnaires de l’Etat. Et l’ironie du sort dans cette situation, une journée a été consacrée par le ministère de l’Education nationale, de l’enseignement technique et de la formation professionnelle récemment pour distribuer des « Vatsy Tsinjo » aux enseignants des établissements scolaires publics de la Circonscription scolaire d’Antananarivo-ville au lycée Ampefiloha. C’est la raison pour laquelle les enseignants des écoles privées regroupés dans une association ont durci le ton en interpellant toutes les autorités concernées pour les aider, du moins pour recevoir leur part d’aide d’urgence en tant que personnes vulnérables privées de leurs salaires.
En général, les écoles privées font partie du secteur privé le plus durement touché par la crise sanitaire et la majorité des activités tourne au ralenti, voire se met à l’arrêt pour certaines activités et informelles. Pour ces enseignants, la suspension des activités pédagogiques surtout pour les élèves n’ayant pas d’examens officiels a eu de graves répercussions sur leur vie quotidienne étant donné que le paiement de leurs salaires dépend des écolages payés par les parents. Seuls les enseignants qui assurent les cours des élèves en classe d’examen perçoivent leurs salaires ainsi que pour d’autres qui partagent les leçons et exercices des autres classes qui, par la suite, sont retirés par les parents suivant l’organisation des écoles. Toutefois, les enseignants de ces établissements scolaires qui sont au total au nombre de 27.000 répartis dans toute l’île se trouvent justes d’être traités pour bénéficier d’une aide d’urgence sociale. Et même leur subvention annuelle du ministère de tutelle à raison de 24.000 ariary n’a pas encore été payée.
Selon le ministre Rijasoa Josoa Andriamanana, un plan d’aide a déjà été soumis au président de la République pour le cas des enseignants des écoles privées en espérant une issue positive à partir de cette semaine. Pour le moment, ceux de la province de Toamasina ont eu les « Vatsy Tsinjo » dits exceptions la semaine dernière face à la recrudescence du nombre des cas contacts confirmés tous les jours. En ce qui concerne la date des examens officiels, le ministère de tutelle se prononcera dans les prochains jours s’il y aurait lieu un report surtout face à cette prolongation de l’état d’urgence sanitaire.


