Riziculture dans le Sud ?

Le gouvernement va lancer dans le Sud des projets pilotes pour que cette région se modernise. Il est temps de voir de près ces contrées lointaines souvent abandonnées et délaissées, « les cimetières de projet ». Certes, ces populations ont le droit de bénéficier de l’assistance de l’Etat, étant donné que toute initiative de développement n’a pas survécu.

Les ONGs  soutenues par l’Unicef, PAM et autres dans le programme alimentaire ne suffisent pas et des fois, ce ne sont que des figurants pour dire qu’il y a de l’aide dans ces régions. Non ! Il n’y a rien de concret car les actions sont ponctuelles et les résultats escomptés ne sont pas atteints.

Force est de reconnaître que le Sud est particulier, avec ses aléas climatiques et une population spécifique et remarquable. « Ne nous déshonorons pas, car nous vivons bien et le « Kere » que vous dites-là n’existe pas chez nous ». C’est une vérité que les politiciens n’acceptent pas, étant donné que c’est une source d’aide et de financement, de détournement et de corruption.

En réalité, le « kere » est une diffamation pour eux. Pour une région semi-désertique, les pluies sont rares, mais durant la saison cyclonique, des inondations momentanées et éphémères surviennent. La population a l’habitude de vivre ses moments. Mais, ce n’est pas un drame ! Il est vrai que l’eau potable manque beaucoup dans ces contrées. L’AES (Alimentation en Eau dans le Sud) a fait quelque chose, mais cette entité a disparu. Les Japonais ont eu l’idée des pipelines, mais ça n’a pas abouti car les gens achètent cher le seau d’eau à Ambovombe et ailleurs. Tout a été programmé pour que le Sud se développe mais la force de la tradition persiste.

Cultiver du riz ? Beaucoup l’ont essayé mais n’ont pas réussi étant donné que c’est impropre à leur façon de vivre. Ils ne cultivent que le « bele» ou patate douce,  le manioc, du haricot et le maïs. Mais, ils peuvent consommer rarement le riz et achètent au marché si le PAM ne distribue pas. Mais ils ne meurent pas de faim. C’est faux ! Bien sûr, ils consomment le « raketa » (cactus) durant une petite saison, mais c’est déjà une tradition, et c’est un bon repas. Leur yaourt (abobo) est un lait de chèvre écrémé très nourrissant.

Dans ce monde qui se modernise, le Sud manque d’écoles. L’Education est un des projets à développer en priorité, avec un appui fort de leur production locale pour se fixer. Les gens du Sud sont des grands travailleurs. Des fois, ils s’organisent pour une petite migration dans les autres régions et dans tout le pays où ils font du pousse-pousse ou travaillent la terre. Mais, ils reviennent toujours vers leurs terres natales. Comment la riziculture va être perçue au niveau de la population du Sud ? De la rigolade !

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