A quand la libéralisation du cannabis ?

Cet éditorial ne cherche pas à faire l’apologie du cannabis. Loin de là s’en faut. Mais actuellement, les polémiques se suivent mais ne se ressemblent pas dans la vie de la nation. Cette fois, c’est la libéralisation de la fabrication et de la commercialisation du toaka gasy, votée au niveau de l’Assemblée nationale dont il est question. Selon certains dirigeants de cette institution, l’Assemblée nationale serait le palais de la démocratie. Et que pour cette raison, chaque député est libre de proposer un projet de loi. Ainsi, une proposition de loi portant sur la libéralisation du cannabis est bien possible d’y voir le jour !

Et on ne serait pas étonné qu’un éventuel élu du peuple, quelque peu amateur de l’herbe, propose à son tour la libéralisation de la culture et de la consommation du cannabis. Bien évidemment, tout comme pour le toaka gasy, il pourra avancer des arguments assez solides, sinon plus. En effet, outre les arguments économiques, il pourra mettre en exergue les arguments médicaux.

Tout comme le toaka gasy, le « rongony » (cannabis) fait vivre de nombreuses familles dans tous les coins de l’île. Seul le nom change suivant la localité. Qu’on l’appelle « rongony », « jamala », « daina »… ou autrement, on parle toujours de la même chose. Et de la culture jusqu’à la distribution. Il y a toujours tout un réseau qui se met en place.  A priori, c’est un business très lucratif dans la mesure où beaucoup de personnes osent défier la loi qui interdit la culture et la commercialisation du cannabis, une loi pourtant assortie de peines très sévères.

Comme argument, on pourrait également  avancer que l’exportation légale de cannabis pourrait renflouer les caisses de l’Etat, notamment en devises étrangères. D’autant plus que des pays ont déjà libéralisé la consommation de cannabis (sous certaines conditions bien entendu). De surcroît, sur le plan médical, le cannabis est recommandé par certains médecins pour traiter des maladies spécifiques.

Mais l’adoption d’une telle loi serait funeste pour le peuple malgache. Seulement,  toute loi votée par la majorité au sein de l’Assemblée nationale, quelle qu’elle soit,  sera applicable à tous les Malgaches, que ce soit en bien ou en mal. Certains députés semblent oublier qu’ils ne sont que les représentants du peuple, mais que jamais, ils ne seront ce peuple. Quant à  la démocratie, ce n’est ni plus ni moins que la dictature de la majorité sur la minorité. Et la majorité n’a pas toujours raison. Et on sait bien qui est cette majorité aujourd’hui.

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