POLLUTION DANS LA CAPITALE : L’air est respirable grâce au confinement

L’air n’a jamais été aussi propre dans la ville d’Antananarivo. Et ce, grâce aux consignes de confinement appliquées dans la région Analamanga dont dans la capitale. En temps normal, l’air est irrespirable à cause de la pollution automobile et des feux de brousse et de forêts. Cette amélioration a été constatée par l’ONG Initiative pour le Développement, la Restauration écologique et l’Innovation (Indri) en mesurant la pollution de l’air à Antananarivo le 19 avril dernier, en plein confinement. Le taux de particules fines était à 1/8 de la norme établie par l’OMS, tandis que celui des particules grossières était à 1/10. L’air est de bonne qualité même dans les tunnels Ambanidia et Ambohidahy. En fait, les restrictions de la circulation en cette période d’état d’urgence sanitaire et le fait d’être actuellement en dehors de la saison des feux de brousse contribuent à ces bons résultats.

En temps normal, l’air est de très mauvaise qualité à Antananarivo. Parfois, la ville suffoque dans un épais brouillard de pollution pendant plusieurs jours surtout durant la saison sèche. C’était notamment le cas en octobre 2019 où Indri a mesuré une pollution 10 fois supérieur au seuil de l’OMS avec un pic désastreux, classant Antananarivo la 2ème ville la plus polluée du monde. Les infimes particules solides en suspension dans l’air constitués de suies, de poussières et de bactéries pénètrent dans les voies respiratoires et entrainent de graves problèmes de santé. La pollution de l’air à Antananarivo représente le principal risque sanitaire en matière d’environnement. Il faut savoir que cette contamination atmosphérique découle principalement de la pression des activités des Malgaches comme l’industrie, les transports, les ménages, les  feux de brousse… Ce fléau écologique ne présente pas seulement de graves conséquences sur la santé humaine, mais favorise également la détérioration de l’écosystème à savoir la pollution des rivières, la déforestation, la réduction des rendements agricoles…

Si Antananarivo veut réduire son niveau de pollution, l’État ainsi que la population doivent prendre les choses en main dont, entre autres la rénovation du parc industriel qui est vieillissant, la fermeture ou délocalisation de certaines usines risquant de polluer l’environnement, l’investissement dans les énergies renouvelables. Viennent ensuite la plantation d’arbres et implantation d’espaces verts dans la capitale, l’interdiction de circulation des véhicules polluants et la sensibilisation de la population sur les feux de brousse et la déforestation…

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