La pandémie du Covid-19 ne permet pas le monde entier de consacrer du temps pour célébrer la Journée mondiale de la biodiversité ce vendredi 22 mai. Alors que la communauté internationale est appelée à réexaminer notre relation avec le monde naturel, une chose est sûre : malgré nos avancées technologiques, nous dépendons entièrement d’écosystèmes sains et dynamiques pour notre eau, notre nourriture, nos médicaments, nos vêtements, notre carburant ou notre énergie, par exemple. Le thème choisi cette année « Nos solutions sont dans la nature » met l’accent sur l’espoir, la solidarité et la nécessité de travailler ensemble à tous les niveaux pour construire un avenir et une vie en harmonie avec la nature.
Le thème est décliné autour de trois axes durant la semaine précédant cette journée, à savoir les connaissances et la science le 18 mai, l’importance de la biodiversité du 19 au 21 mai et un appel à l’action le 22 mai. 2020 est une année cruciale pour la biodiversité et les urgences climatiques. En effet, la communauté scientifique n’a cessé de tirer la sonnette d’alarme au sujet de l’appauvrissement de la biodiversité et de l’urgence climatique. Les solutions fondées sur la nature offrent le meilleur moyen d’assurer le bien-être des êtres humains, de lutter contre le changement climatique et de protéger la planète. Pour cette année aussi, il s’agit d’examiner la réalisation et l’exécution du Plan stratégique de la Convention pour la biodiversité 2011-2020, ainsi que les progrès enregistrés dans le cadre de la Décennie des Nations Unies pour la biodiversité (2011-2020). Cette année marque également les étapes importantes à venir, notamment la Décennie d’action pour répondre aux objectifs de développement durable, la Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes (2021-2030) et la Décennie internationale des sciences océaniques pour le développement durable (2021-2030).
La déforestation menace les écosystèmes
Pour revenir sur le sujet de la biodiversité, Madagascar fait partie des plus importants et des plus intéressants notamment du fait de son fort taux d’endémisme aussi bien sur les espèces animales que végétales. Elle possède environ 15.000 espèces de plantes dont 83% sont endémiques (Goodman & Benstead, 2005). De plus, 61% des oiseaux (Hawkins & Goodman 2003), 92% des reptiles (Raxworthy, 2003), 99% des amphibiens (Glaw & Vences, 2003) et 100% des lémuriens ne se retrouvent nulle part dans le monde qu’à Madagascar. Si les données concernant la flore microbienne sont peu fournies, les scientifiques s’accordent à penser que le taux d’endémisme la concernant n’a aucune raison d’être plus faible que dans le cas des animaux et des végétaux dans la mesure où tous se retrouvent dans des écosystèmes souvent uniques. Mais ces richesses en diversité biologique font face à des pressions dues aux activités humaines si on ne parle que la déforestation, les feux de brousse, les exploitations illégales des ressources naturelles, les coupes des bois pour des usages domestiques ou industrielles…
Par conséquent, cette déforestation interminable menace directement ou indirectement les écosystèmes. Par ailleurs, la déforestation laisse derrière elle des sols nus et fragiles: les “lavaka”. L’érosion qui s’ensuit est extrêmement importante, entraînant une dégradation importante des milieux lacustres, côtiers et marins qui par ailleurs sont déjà soumis à des fortes pressions de transformations à des fins agricoles et à une exploitation excessive. Cette Journée de la biodiversité est une occasion pour chaque pays d’encourager la compréhension des enjeux liés à la biodiversité et d’accroître la sensibilisation sur ce sujet. Faut-il savoir que la diversité biologique est de plus en plus reconnue comme un atout mondial d’une valeur inestimable pour les générations.



