L’équipe Pays du Système des Nations Unies (SNU) apporte son appui pour l’amélioration de la situation des détenus dans les 82 prisons réparties dans tout Madagascar et ce, face aux risques inquiétants de la propagation du Covid-19 en soutenant le pays à travers des appuis techniques, financiers et logistiques. Cette contribution aux initiatives de protection des droits des personnes détenues dans le contexte de la pandémie accompagne les efforts du gouvernement dans l’amélioration des conditions de vie des détenus en milieu carcéral et vise à éviter une explosion aux conséquences sanitaires et sociales à la veille de la fête de l’Indépendance. Concrètement, elle s’aligne aux besoins urgents identifiés au niveau des prisons dont l’amélioration de la nutrition, l’approvisionnement en médicaments essentiels, équipements de protection individuelle, kits de dépistage, kits de dignité pour les femmes et les filles, et matériel de désinfection, la réhabilitation des toilettes et points d’eau, l’aménagement des salles d’isolement. En détail, chaque agence a apporté leur contribution respective d’une valeur de 15.000 dollars pour le Pnud, 15.000 dollars de l’Unicef, 10.000 dollars de l’UNFPA, 10.000 dollars du BCR, 10.000 dollars de l’Onusida, 10.000 dollars de l’OIM. Pour d’autres, le Pam a fourni une tonne de vivres, 2 tonnes de riz de la FAO, des médicaments essentiels, thermoflashes et gels hydroalcooliques de l’OMS, 3.000 masques adultes et 1.000 gels désinfectants de l’Onudi, et enfin 1.000 masques ainsi que des dispositifs de lavage de mains du BIT.
La préparation, la prévention et le contrôle du Covid-19 dans les prisons et autres lieux de détention font partie des recommandations du Secrétaire général de l’ONU et de l’OMS. Il convient également de noter que 12 recommandations issues de l’Examen Périodique Universel (EPU) sur les 174 acceptées par Madagascar portent spécifiquement sur les conditions de détention et judicaires des détenus, dans un contexte fortement marqué par une surpopulation carcérale chronique et un nombre élevé de prévenus. A ce jour, ces prisons comptent 42 maisons centrales, une maison de force, et 2 centres de rééducation. Ces établissements souffrent d’une surpopulation carcérale chronique, soit 27.600 détenus dont 1.469 femmes (485 condamnées et 984 détenues) et 855 mineurs dont 801 garçons (246 condamnés et 555 détenus), 54 filles (17 condamnées et 37 détenues). Il existe aussi un Centre de Formation Professionnelle, à l’intérieur de la prison d’Antalaha, destiné à la réinsertion socio-professionnelle des mineurs détenus, pour implication dans des cas de vol de vanille, mis en place par l’OIT, dans le cadre du projet OIT-SAVABE.
En vue de protéger la santé aussi bien des personnes détenues que du personnel pénitentiaire, le Gouvernement a adopté des mesures spécifiques telles que l’arrêt temporaire de toutes les visites dans les prisons, le contrôle régulier de la température des détenus et du personnel pénitentiaire, la désinfection des prisons, la mise en quarantaine de tous les nouveaux détenus, et la réalisation de tests pour les personnes nouvellement détenues.


