Quid de la politique du ministère de tutelle, quand il est constaté que les conditions que doivent subir les détenus sont en générale lamentables dans toutes les prisons existantes à Madagascar !
Un responsable d’établissement pénitencier a affirmé que les prisonniers ne peuvent même plus s’allonger pendant la nuit, ils seraient obligés de se tenir assis et serrés les uns aux autres par manque d’espace. Les prisons sont actuellement bondées et contiennent des détenus en surnombre et cette surpopulation s’explique par le fait qu’il y a beaucoup plus de prévenus que de condamnés ! Serait-ce à cause de la lenteur des traitements des dossiers au niveau des Tribunaux ?
Pourtant, le Président Andry Rajoelina, lors de sa visite à la Maison Centrale d’Antanimora, n’a pas manqué de donner des instructions pour accélérer le traitement des dossiers des prévenus en attente de procès. Il a à ce moment constaté de visu la surpopulation dans cette établissement, et à l’occasion, il a même procédé à la « libération » d’un vieillard condamné à perpétuité !
Le ministère à ce moment là, avait pour objectif un ratio de 40% de détenus contre 60% de condamnés, mais qu’en est-il actuellement ? Il reste toutefois difficile d’accorder un quelconque crédit à la politique définie à l’époque, car cas le contraire est exactement constaté actuellement.
En considérant particulièrement le cas qui s’est passé à la prison d’Ihosy dimanche dernier, 12 prisonniers ont pu s’évader ! D’après les investigations, la principale cause serait le confinement, et rien que ça ! Ces prisonniers étant privés de visites familiales étaient victime de famine, le budget de la prison d’Ihosy étant très restreint, avaient fini par comploter une évasion collective et ont finalement réussi leur exploit. Seulement 2 d’entre eux ont été réintégrés en prison et 10 sont encore en cavale. Les responsables ne pouvaient rien faire car ils étaient pratiquement « sans défense », puisque sans armes. Depuis longtemps, ces agents pénitentiaires ont demandé le droit de détenir des armes dites « de guerre » comme des Kalach, mais jusqu’à présent ils n’ont jamais eu satisfaction, alors qu’ils ont affaire, la plupart du temps à garder des dangereux criminels.


