ÎLES ÉPARSES-GLORIEUSES : Emmanuel Macron revient à la charge

Devançant visiblement les prochaines discussions que pourrait tenir son ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian avec les autorités malgaches sur les îles Éparses, le président français Emmanuel Macron conforte sa détermination de faire de la Grande Glorieuse, une réserve naturelle.

Le projet a déjà été annoncé lors de sa visite sur place en octobre dernier et durant laquelle il avait fermement indiqué : « Ici, c’est la France… », ajoutant que la présence française a permis d’éviter l’exploitation prédatrice des mers dans cette partie de l’océan Indien.

Cette fois, le président français a bel et bien souligné, lors de son discours du 13 février dernier à Chamonix (Mont-Blanc), que la réalisation de ce projet devrait être effective d’ici au mois de juin prochain. En quelque sorte avant la date prévue pour la finalisation d’un éventuel accord entre la France et Madagascar concernant la gestion des îles Eparses. Emmanuel Macron a signifié : « C’est une présence scientifique indispensable… ». Lors de cette visite sur Glorieuse, le chef de l’Etat français était accompagné de nombreux scientifiques.

Voilà donc qui confirme l’état d’esprit de la France par rapport aux revendications malgaches pour la restitution de ces îles Éparses. Revendications dont on pense qu’elles auraient déjà été discutées lors de la première rencontre du 18 novembre 2019 au palais d’Andafiavaratra des deux délégations française et malgache, et qui ont été confortées par la suite par les participants de la concertation nationale initiée par le Premier ministre Christian Ntsay au CCI d’Ivato au mois de décembre.

Une solution consensuelle

Une deuxième rencontre des deux délégations était prévue en décembre, mais n’a pas eu lieu. Ce n’est peut-être donc que maintenant, lors de cette visite du ministre Jean-Yves Le Drian à Madagascar que les choses pourraient de nouveau bouger en ce qui concerne notamment la reprise de ces discussions sur les îles Éparses.

Rappelons que lors de leur rencontre de mai 2019 au palais de l’Elysée (Paris), les deux présidents Andry Rajoelina (Madagascar) et Emmanuel Macron (France) avaient fixé la date du 26 juin 2020 pour trouver une solution consensuelle au règlement du problème.

Malheureusement, on semble avoir affaire jusqu’ici et surtout à une solution unilatérale puisque le président français n’entend faire aucune concession sur l’archipel des Glorieuses. Ainsi, si discussions ou négociations il y aura encore, ce sera uniquement pour le cas des autres îles dont Europa, Juan de Nova et Bassas da India.

En attendant, on peut aussi comprendre cette « fermeté » d’Emmanuel Macron sur cet archipel des Glorieuses dont les terres émergées représentent environ 7 km2,  et sont constituées de la Grande Glorieuse, de l’îlot du Lys, de l’île aux Crabes et des Roches Vertes. Elles accueillent dans leurs eaux plus de 2.900 espèces marines, dont une forte proportion inscrites comme en danger critique d’extinction sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), comme les holothuries (concombres de mer), les requins citron, les requins pointe noire ou les requins pointe blanche. Mais la plus emblématique de ces espèces est la tortue verte, dont 2.500 pontes sont enregistrées chaque année sur la Grande Glorieuse. L’archipel compte aussi des colonies d’oiseaux marins comme les sternes fuligineuses, les sternes huppées et les noddis bruns, notamment sur l’îlot du Lys.

Une menace ?

Selon certains commentaires, cette situation prouve que le néocolonialisme se poursuit bel et bien et Madagascar reste un pays colonisé tant sur le plan économique que sur le plan territorial. La colonisation change tout simplement de forme et de visage avec la connivence des pays développés dans une logique de domination concertée sur les pays riches en ressources mais faibles en sources de revenus et en technicité. Ce qui est déplorable actuellement, c’est que tous les pays colonisés actuellement n’arrivent pas à unir leurs voix contre le néocolonialisme car ils sont affaiblis par la politique de diviser pour régner que ce soit à l’intérieur d’un pays ou bien à l’intérieur d’un groupe de pays.

La présence française sur nos îles est toujours une menace sur les Malgaches sur tous les plans.

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