La « consultation élargie » préconisée par le président national du RDS (Roso ho amin’ny Demokrasia Sosialy ou Renouveau pour le Démocratie Sociale), Fetison Rakoto Andrianirina (FRA), porte en fait sur l’élaboration d’un plan de relance économique, sociale et environnementale. Il avait déjà eu l’occasion d’en parler lors d’une récente intervention sur une télévision privée de la capitale. Mais il s’est également exprimé sur d’autres sujets. Extraits.
À votre avis, serons-nous encore dans la crise sanitaire dans un court terme ?
Nous sommes encore en plein dedans. Nous avons des malades et de nouvelles contaminations. Nous devons nous concentrer sur “Comment allons-nous nous donner la main pour combattre cette pandémie et ensuite redresser la nation” ? Nous ne pouvons procéder au redressement du pays sans avoir vaincu le CV19. Le gouvernement actuel mène des actions de lutte, des mesures ont été instaurées. Nous, peuple malagasy, nous devons les respecter. Je cite entre autres, le port de masque, le lavage des mains, le respect de la distanciation, la limitation de la circulation pour éviter la propagation du virus. Tant que la maladie sévit, nous en subirons les conséquences. Le confinement empêche l’économie de fonctionner normalement.
Votre opinion sur le dernier entretien du PRM sur RFI et France 24 ?
C’est une bonne chose. Le PRM a mis en avant Madagascar sur le plan international. La première obligation du président est de défendre l’image de Madagascar devant le monde, il est l’image du pays. Personne ne peut le lui reprocher. Concernant le CVO, destiné à limiter la propagation du virus et à guérir les patients, si au début il y a eu des réserves sur son efficacité, cela est une affaire interne au pays, mais quand on en a fait don aux pays africains convaincus, c’est tout à notre avantage. Le Sénégal a par exemple commencé la réflexion sur l’introduction du CVO dans leur protocole pour prévenir et guérir le CV19. Ce volet diplomatique est une bonne chose pour l’essor de Madagascar. Que notre pays ne soit pas toujours considéré comme l’un des plus pauvres.
Concernant votre appel, de quoi s’agit-il ?
Je suis devant vous aujourd’hui en tant que FRA, citoyen. Je tiens à le préciser en amont. Citoyen, conscient que nous avons un combat commun à mener contre le CV19. Animé d’une conscience de devoir et de prise de responsabilité dans cette lutte commune, je me dois d’apporter ma part de contribution d’où l’initiative de cet appel. S’agissant des conséquences néfastes du CV19, le pouvoir ne sera pas le seul à être confronté aux difficultés, la population toute entière les subira tout autant. J’ai donc une obligation citoyenne de proposer. Des solutions ont été apportées par le pouvoir : lutte contre la propagation de la maladie, le CVO… Concernant le volet économique et social, le pouvoir se concentre sur la lutte contre l’épidémie, il réfléchit également sur les moyens d’en limiter les impacts sur la société, d’où par exemple la mise en place de 4 plans : le plan de mitigation, le plan d’urgence, le plan d’appui au secteur privé et le plan de mise en place d’un fonds de soutien. L’élaboration de ces plans n’a pas été précédée d’une consultation élargie. Aurait-il été fait pour recevoir le financement des PTFs ? Je crains que cela ne corresponde pas aux aspirations réelles du peuple. La preuve : les contestations et les plaintes ici et là, il y a probablement des points à revoir. Nous devons nous entraider. Il n’est pas obligé d’être au sein du pouvoir pour apporter des suggestions.
Mon appel est destiné à savoir réellement quelles sont les attentes du peuple malagasy. Nous ne savons pas par exemple les problèmes des tireurs de pousse-pousse, comment ils font face à cela ? Nous devons recueillir les avis de tous : paysans, agriculteurs, chômeurs etc. 93% sont dans l’informel, nous n’avons aucune traçabilité quant à leurs emplois, à combien s’élèvent leurs chiffres d’affaires et les impôts qu’ils devraient verser ? Dans les 7% restants, il y a 330.000 entreprises dont 800 grandes entreprises selon l’EDBM. Comment les accompagner pour relancer l’emploi. Il y a un risque de trouble social dû à ces difficultés. Madagascar ne pourra supporter une autre crise en plus de cette crise sanitaire.
Qu’attend-on de cet appel si cela aboutit ?
L’objectif principal n’est pas une meilleure place mondiale, défendre cela est du ressort du président. Ce qui prime, c’est le bonheur du peuple. Est-il content au sein de sa nation : sa famille, à manger, un emploi, l’éducation de ses enfants et surtout la santé, ce sont ses besoins. Si nous réussissons, cela inciterait un nouveau regard de Madagascar. Non seulement parce qu’il a maîtrisé le CV19 par le CVO par exemple mais aussi que son peuple ne souffre pas. L’économie malagasy est très fragile. Un confinement d’une semaine a eu beaucoup de conséquences sur la vie du peuple. Par le biais des aides (Vatsy Tsinjo, Tosika Fameno…) des efforts sont menés par nos dirigeants. Le problème se pose néanmoins dans la mise en œuvre parce-que nous ne sommes pas préparés à cette pandémie. Notons tout de même que nous ne maîtrisons pas totalement encore la situation mais profitons de celle-ci pour améliorer ce qui peut l’être.
L’idée de la digitalisation survient au moment opportun. La transformation numérique permet une administration de proximité. Cela permet en outre, un recensement rapide voire efficace. Nous saurons ainsi par exemple, quel est notre comportement social, que pouvons-nous apporter aux plus nécessiteux, est-il envisageable d’instaurer une exception en matière fiscale en mettant en place le système de l’impôt de solidarité sur la fortune ? Tout cela contribuerait à un but commun: “Mieux vivre à Madagascar”.

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