Sur un air d’« Ampamoaka »

La célébration du 60ème anniversaire de l’indépendance de Madagascar se déroule sur un air d’ampamoaka (grand déballage) avec comme toile de fond l’incendie du Rova. Quoi de mieux  pour pimenter cette célébration qui risque de se dérouler dans l’indifférence totale de la population pour cause de restrictions sanitaires, covid-19 oblige ?

Toutes les pièces du puzzle constituant ce drame commencent petit à petit à s’assembler. Tout a commencé avec la révélation de Serge Zafimahova, alors premier responsable du renseignement sous le régime Zafy Albert.  Il a dévoilé qu’un français aurait été arrêté, le soir même de l’incendie avec une camionnette bâchée remplie d’objets sortis du palais royal (donc avant l’incendie) et également de l’essence à l’intérieur. La camionnette appartiendrait à un karana. Mais l’enquête est restée sans suite et la personne arrêtée fut relâchée par les dirigeants qui ont succédé à Zafy Albert suite à l’empêchement de ce dernier

Ensuite, Norbert Lala Ratsirahonana, qui a joué un rôle  éminemment très important dans la vie politique du pays  à cette époque (président de la HCC, Premier ministre…) a jeté de l’huile sur le feu en déclarant que c’est le parti de Manandafy Rakotonirina, le MFM, qui était l’instigateur de l’incendie. Ce à quoi, Olivier Rakotovazaha, actuellement sénateur nommé au nom du HVM mais ancien militant du MFM, a démonté les assertions de l’ancien Premier ministre en affirmant que le MFM n’aurait pu perpétrer ce crime dans la mesure où son numéro 2, en la personne de Germain Rakotonirainy, était lui-même  issu de la caste des nobles « zazamarolahy ».

Quelle sera la suite de toute cette histoire? Tout le monde reste dans l’expectative tout en espérant les prochains épisodes seront encore plus révélateurs. Tous les Malgaches ne demandent que çà et même plus. Ils cherchent à savoir quels sont les tenants et aboutissants de toutes ces grandes « affaires » qui ont défrayé la chronique dans le temps (entre autres,  assassinat du général Richard Ratsimandrava, les responsables de la tuerie de 2009 à Antaninarenina…)  mais qui, jusqu’à maintenant, sont restées non élucidées, peut-être bien au nom du sacro-saint raison d’Etat.

Et c’est leur droit des  plus légitimes.

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