Madagascar est un pays à part que ce soit dans sa culture, sa biodiversité comme dans la manière unique et inédite avec laquelle ses dirigeants prennent les décisions qui impactent sur la vie des habitants. Si on est rentré dans la crise liée au Covid-19 en même temps que la France, le schéma et le protocole adoptés par les deux pays étaient diamétralement opposés. Au début de la crise, la population en général et surtout les internautes ont mis en exergue les similarités des décisions prises par la France comme par Madagascar afin de gérer la crise. Une situation qui a titillé beaucoup de nos citoyens car alors que le nombre de malades se comptait encore sur un doigt de la main, l’Etat malgache a décrété un confinement total en suspendant brusquement tous les transports en commun (taxibe, taxi et taxi-brousse). Jusque-là, bien qu’il y ait eu quelques contestations sur la rudesse des mesures prises, tout le monde était certain de la volonté de nos dirigeants à endiguer la propagation du virus. Un sentiment d’assurance qui n’a pas fait long feux. En effet, dès le moment où l’on a laissé une fenêtre de quelques jours pour permettre le déplacement national et vu le flux humain que cela à engendrer, et le non-respect des mesures de sécurité sanitaire dans les différentes stations de taxi brousse, la sérénité à fait place à la peur. Depuis le début de la crise sanitaire, le nombre de personnes contaminées n’a eu de cesse d’augmenter et parallèlement à cela le Gouvernement ne cesse d’assouplir les mesures de confinement.
La dernière allocution du Président de la République ressemblait plus à l’annonce d’un déconfinement. Comme pour le cas d’Antananarivo, et Tamatave, les deux foyers de ce virus, la liberté de circulation est effective. Dans les différents transports en commun, plus de gel désinfectant, et pourtant la menace est plus que réelle. Actuellement les chiffres frôlent les 1300 personnes contaminées, on compte une dizaine de morts et le port des masques semble être le seul indicateur de l’existence du virus encore. Pendant ce temps, l’économie malgache est asphyxiée. De par son statut insulaire, étant coupé du monde, Madagascar se trouve livré à elle-même. Un seul exemple, la saison de la vanille qui fait vivre plusieurs régions de l’île s’est passée d’une manière morose, le tourisme en stand-by. Et vu comment nos dirigeants sont déphasés face à cette crise sanitaire, la destination Madagascar n’attirera pas les touristes d’ici peu. Il est plus qu’évident que la vie devrait prendre son cours mais alors que la crise sanitaire n’est pas prête d’être maitrisée, une crise socio-économique pointe le bout de son nez.

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