Covid-Organics : cessons de se quereller !

La mise en circulation de la tisane Covid-Organics à base d’Artémisinine afin de prévenir le Coronavirus /Covid-19 est en pleine controverse, non seulement localement, mais aussi internationalement, surtout que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande la plus grande prudence. Cette tisane, un remède traditionnel que l’on peut dire amélioré, est à base d’Artémisinine extrait de l’Artemisia annua, une plante originaire d’Asie.

Pour le moment l’Artémisinine n’est pas inscrite à la pharmacopée française, ce qui explique quelque part la réticence de certains milieux académiques médicaux européens et africains à l’utilisation à grande échelle de ce remède, malgré le fait que l’Artemisia annua et afra est dénué de toute toxicité. D’autant plus qu’au vu du caractère urgent du traitement de la pandémie de Covid-19, il est difficile d’appliquer les protocoles de recherches conventionnels qui s’avèrent inadaptés, car ils demandent des mois, voire des années ! A tout cela s’ajoute la polémique sur l’utilisation de l’hydroxychloroquine, une autre anti-paludéen, comme anti-viral ! Afin de lutter contre la pandémie.

Et voilà que la politique, ou plus exactement les politiques entrent dans la danse. Même en pleine menace, les intérêts restent les intérêts. Les molécules classiques, possessions, des grandes laboratoires risquent de perdre du terrain au cas où… La phytothérapie, surtout d’origine extra-occidentale, gagne du terrain ! Alors tout est bon pour préserver ses avantages, et pourquoi ne pas utiliser des pions ?

Il est vrai que la déclaration du Président de la République de Madagascar est un peu maladroite en vantant le mérite curatif du Covid-Organics qui déclencha un levier de bouclier en Occident et de quelques commentateurs africains. Le changement brutal de langage, du curatif en préventif en niant du jour au lendemain ses paroles qui sont tous visibles sur les supports des réseaux sociaux. Sans oublier les compatriotes qui n’hésitent pas à critiquer les mesures telles le fait de faire du chantage aux élèves « à boire le remède sinon interdiction d’entrer dans les établissements scolaires », et cela est interprété comme si les enfants seraient des cobayes. La manière dont on a traité et mis en silence l’Académie nationale de médecine de Madagascar. L’image véhiculée, sans parler du risque du conditionnement, la bouteille pour les nantis, et le bidon de 200l, distribué à la louche pour les pauvres. Malgré le fait que des déclarations de sympathie, voire plus, à l’image du Sénégal et de son président sur leur intention d’acheter le Covid-Organics, les politiciens malagasy semblent relayer les opinions occidentales, certains n’hésitent même pas à écrire à l’OMS afin de dénoncer les mesures prises par l’administration actuelle. Malgré que les distributions publiques continuent et que le Tambavy Covid-organics commence à se vendre bien, sur beaucoup de comptoirs, en particulier ceux des produits Masy, au label de l’Institut Malagasy des Recherches Appliquées (IMRA). Et même si quelques étrangers issus du continent voisin veulent absolument réclamer la paternité du produit.

On a toujours dit « trop de com tue la com », il est temps que nous cessons de se quereller sur l’efficacité de ce produit qui est loin d’être nocif pour l’homme, et même opposant à l’actuelle administration, la santé publique passe avant tout. Mieux vaut prévenir que guérir. La science passe avant la politique et les intérêts.

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