Avons-nous un vrai plan de déconfinement ?

Un déconfinement ne s’improvise pas, même partiel soit-il, car la santé de la population y dépend. Aussi, cela requiert-il un véritable plan. En existe-t-il à Madagascar ? La réponse est a priori « non ». Effectivement, certaines décisions semblent avoir été prises à la hâte.

Bien évidemment, le processus de déconfinement dépend pour une très grande part de l’évolution de la maîtrise de l’épidémie quoique on ne sera  jamais certain qu’elle est totalement maîtrisée. Et son succès repose sur deux challenges essentiels : permettre la reprise du travail, condition sine qua non de la reprise économique, et réduire les risques d’une seconde vague de contamination qui pourrait reconduire à un confinement.

Quand on regarde de près la décision de déconfinement partiel décidé par l’exécutif, on ne peut que constater qu’on a privilégié l’économie au détriment de la santé publique du moment qu’on a autorisé la reprise de toutes les activités économiques.

Il est vrai qu’une prolongation du confinement aurait mis le pays sur la voie d’un véritable désastre économique. Et la crise économique qui s’en serait suivie aurait pu aboutir à une crise sociale. Et c’est ce que le régime en place voulait éviter à tout prix. Et on peut bien comprendre cette décision car c’est son avenir qui est en jeu.

Mais même si on a privilégié l’économie, certaines décisions auraient dû être évitées. Dans cette catégorie, le retour en classe des élèves peut être considéré comme prématuré. Et nombreux sont les parents qui le déplorent. Et ils ont raison car l’école est un milieu potentiel privilégié de propagation du coronavirus. Les élèves ne sont pas encore assez conscients du danger que cela représente. Comment s’en étonner quand les grandes personnes elles-mêmes font fi des moindres gestes de précaution à prendre pour se préserver du coronavirus ?

En matière de déconfinement, il faut tenir compte de la spécificité de chaque pays. Si en Europe, généralement, il faut libérer les parents de la garde de leurs enfants pour qu’ils reprennent le travail, donc forcément rouvrir les écoles, dans chaque ménage malgache, il y a toujours quelqu’un pour les garder à la maison  (avec le haut niveau de chômage qui existe dans le pays).

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