L’eau se raréfie à Madagascar. Cette réalité n’a jamais été au centre des débats étant donné que le pays était toujours arrosé et les rivières remplies, sauf au Sud, évidemment. Maintenant, les cours d’eau sont à sec à cause du manque de précipitations, des forêts brûlées qui ont entraîné l’érosion et l’ensablement, et du manque d’entretien des circuits pour alimenter les stations de pompage de la Jirama. Incroyable ! Il n’y a plus d’eau à Madagascar.
Dans tous les quartiers, les pompes et les robinets sont à sec, et les habitations n’ont plus reçu une goutte d’eau depuis quelques jours alors qu’il y avait une pluie artificielle. Partout, on a recours à des bidons jaunes dont les prix varient selon les distances du lieu de livraison. C’est devenu un business.
« L’eau c’est la vie » dit-on. Et nous allons perdre nos vies d’ici peu. C’est une mort lente des populations démunies. Et ce n’est pas le problème des riches et du Grand dirigeant. Ils en ont toujours des puits quelque part et peuvent en acheter tant qu’ils veulent.
A sec ! Les caisses de l’Etat se vident petit à petit. Or, il faudrait rembourser la Banque mondiale, payer les fonctionnaires et les retraités. Honorer les indemnités des parlementaires, payer les bourses des étudiants, honorer tous les impayés et les autres charges. Noêl sera dur cette fois-ci et les difficultés de la mauvaise gouvernance apparaissent au grand jour. Et la population vit dans l’insécurité totale, craignant les « malaso » et les bandits.
Le budget familial est aussi à sec ! Il ne reste plus rien au fond des poches et des sacs. Tout est parti pour honorer la Jirama, presque la moitié des gains annuels, le loyer et quelques pièces pour manger. Les malgaches n’ont jamais connu une telle situation, jamais ! La faim se fait sentir, et on n’a pas le droit de tomber malade, sinon, c’est la mort. Or, le Corona frappe de nouveau. Attention, les médicaments sont également à sec. Même s’il y en a, la population n’a pas les moyens de s’en procurer. Les poches à sec !


