Village d’Anakao. 6 heures du matin avec un temps ensoleillé et une mer d’émeraude étincelante. Odilon, nouveau bachelier de Toliara, assisté de son frère, met en mer leur bateau à voile pour emmener des touristes locaux vers des sites. Aujourd’hui, quatre personnes hébergeant à Mada Surf Lodge iront visiter l’Ile de Nosy Ve. « C’est notre seule source d’argent outre la pèche » explique Odilon, qui est absorbé dans les préparatifs de départ. Le fruit de ce travail servira prochainement à ses études universitaires à Tana.

Anakao est un village côtier « Vezo » situé au Sud de Toliara, à 2 heures de vedette rapide. En voiture, c’est encore difficile avec la piste. Le voyage est bien organisé à partir de la capitale de la région du Sud-Ouest malgache. Les opérateurs touristiques ont opté pour le développement du tourisme national : « Avec la pandémie et la fermeture des liens aériens, nous comptons sur les touristes locaux pour nos activités » explique un opérateur chargé du transport maritime à Toliara. « Nous essayons de créer une synergie avec tout le monde, allant des charretiers, chargés du transfert vers les bateaux, et les gérants des hôtels d’accueil à Anakao » Tout semble croire que le Covid ne frappe pas fort dans cette localité. La population « Vezo » vit sereinement, ignorant même les masques de protection.

Effectivement, le tourisme national est en marche. Les visiteurs d’Anakao sont des nationaux ou des étrangers qui sont restés au pays. Une dizaine d’hôtels offrent chacun leur hospitalité selon leur goût et leur choix. Les habitants d’Anakao profitent de cette situation pour offrir leurs produits de pêche et leur participation dans cette synergie, qui est également une opportunité. Des visites de sites sont organisées, à Nosy Ve et ses îlots avoisinants, à Saint Augustin, ou autres régions avec des attraits touristiques, comme les oiseaux rares ou les piscines naturelles. Tout se fait en mer, et les Vezo sont d’excellents marins et des pêcheurs professionnels.

L’île sacrée de Nosy ve s’est transformée avec des infrastructures de béton, non conforme à la tradition. « C’est un projet PIC » dit-on au grand village d’Anakao qui a voulu au départ que des projets de développement soient installés chez eux. Pourquoi ne pas construire un foyer pour les femmes pour vendre leurs objets artisanaux et leurs salles de massage aux touristes ? En réalité, ce serait une occasion de visiter le village et, une opportunité de sources de revenus pour les femmes.

Durant les sorties en mer, Odilon raconte des histoires de la tradition Vezo, les « Fady » D’après lui, un bateau transportant des lingots d’or s’est échoué à Nosy Ve, mais on ne sait pas vraiment où … Mais, les Vezo n’y pense pas trop à ce rêve. Odilon devrait rentrer à l’Université d’Antananarivo cette année et il espère avoir quelques fonds avec son travail. « Heureusement que les touristes sont là, on ne sait pas pour combien de temps » susurre-t-il.

En tout cas, les hôtels d’Anakao font vivre les pêcheurs d’Anakao. « C’est un grand soutien pour le village entier » conclut Odilon. Le tourisme national n’est pas à négliger, et Anakao a connu une petite ascension depuis le mois de novembre jusqu’à ce janvier. Force est de reconnaître que les dirigeants n’ont pas soutenu la population d’Anakao, qui vit jour pour jour. Quand les touristes partiront, la vie n’est plus la même, car la pauvreté est toujours là. Odilon aura-t-il ses fonds nécessaires pour aller étudier dans la capitale ?



