Selon la Banque mondiale, Madagascar a connu un taux de croissance constant aux alentours de 5% ces dernières années. Et suivant le « Mémorandum économique de Madagascar » publié récemment par cette institution financière de Bretton Woods : « La reprise économique de ces dernières années, conjuguée à une transition politique pacifique à la suite des élections présidentielles de 2018, offre une base solide pour sortir Madagascar d’un cycle récurrent de pauvreté et d’instabilité ».
Autrement dit, le pays devrait enregistrer une croissance soutenue pour le temps à venir. D’ailleurs, comment peut-il en être autrement ? Notre pays est tombé bien bas ces dernières années qu’il est difficile pour les dirigeants, qui qu’ils soient, de faire pire qu’auparavant. Le plus petit effort fourni ressemblera toujours à un véritable exploit.
Et il ne sera pas étonnant que l’un de nos principaux responsables financiers avancera qu’un taux de croissance à 2 chiffres pointe son nez à l’horizon. On peut d’ores et déjà s’y attendre. Et c’est là tout le hic. Le véritable problème est que, bien trop souvent, nos dirigeants sont obnubilés par les chiffres. Ce ne sont pas les indicateurs économiques qui changeront le quotidien de la population.
Tout compte fait, un taux de croissance à 2 chiffres ne signifie rien si la population vit misérablement. Il fut un temps où Madagascar présentait un taux de croissance relativement élevé, mais la condition de vie de la population n’était pas des plus reluisantes.
Et au contraire, dans certains pays asiatiques, le taux de croissance tourne autour de 1 à 1,5% et pourtant les gens y vivent bien. L’essentiel est que la population vit bien, que les biens dont elle a besoin quotidiennement lui sont disponibles et évidemment accessibles à tous. C’est ce qui devrait préoccuper tous les jours nos dirigeants.


