SESSION PARLEMENTAIRE ORDINAIRE : Des dépenses supplémentaires non négligeables mais évitables engagées

Pour des raisons d’ordre sanitaire – épidémie de coronavirus oblige -, les députés vont tenir leur première session ordinaire au Centre de Conférences Internationales d’Ivato (CCI). A priori, on peut très bien comprendre le souci des députés d’être préservés de cette maladie. Mais cette délocalisation ne se fera pas sans frais.

Cette session parlementaire reviendra chère au pays. En effet, l’occupation du Centre n’est pas gratuite et l’Assemblée nationale devra imputer sur son budget les frais de location du local. Et ce n’est pas donné ! A ce titre, la vice-présidente de l’Assemblée nationale, Lanto Rakotomanga a déjà annoncé qu’une rallonge budgétaire va être sollicitée auprès du ministère des Finances.

Pourquoi dépenser autant d’argent ? Face à la situation actuelle, l’Etat peut-il se permettre d’engager des dépenses aussi énormes car on parle de plus de plusieurs milliards d’Ariary avec les autres frais occasionnés par la location de véhicules spéciaux pour l’acheminement de certains députés venant des provinces. La restriction budgétaire, notamment pour les dépenses évitables, n’est apparemment pas à l’ordre du jour !

D’aucuns ignorent qu’en période d’exception, comme nous le sommes actuellement, la Constitution confère au président de la République la prérogative de « légiférer par voie d’ordonnance pour des matières qui relèvent du domaine de la loi ». Le Parlement n’a qu’un rôle de contrôleur et évaluateur des actes et décisions de l’Exécutif et il ne s’agit nullement d’un abandon de pouvoir car les circonstances l’exigent.

De toutes les façons, tout n’est que gesticulation et mascarade. Que le Parlement le veuille ou non, la Loi de finances rectificative 2020 passera comme une lettre à la poste alors que cette somme faramineuse pourrait servir à améliorer la condition de vie de la population autant que faire se peut.

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