Finalement, la rencontre prévue entre le président de la République et le secteur privé s’est tenue. C’est déjà bien que cette rencontre ait eu lieu car, au moins, cela aurait servi de savoir quelles sont les priorités de chacun des deux camps. Tout compte fait, elle a plutôt ressemblé à un dialogue de sourds.
En effet, les priorités des deux camps étaient diamétralement différentes, voire opposées. Les entreprises pensaient aux moyens de reprendre les activités dans les meilleures conditions (facilitation du déplacement des travailleurs compte tenu des restrictions, aides aux salariés, mise en place d’avantages fiscaux, facilitation de l’accès aux crédits bancaires avec des taux préférentiels,..).
Le président de la République, lui, tout en promettant d’aider les entreprises, était déjà à un stade plus avancé. C’est ainsi qu’il a, ni plus ni moins, suggéré aux entreprises d’investir d’abord au pays avant d’investir ailleurs en leur garantissant un meilleur environnement économique (accès à la terre facilité, refus de tout monopole, amélioration des services de l’administration …).
Pourtant, il savait pertinemment que les entreprises qu’il rencontrait étaient toutes en difficulté donc dans l’impossibilité d’envisager pour le moment le moindre nouvel investissement. De toutes les façons, on peut se demander sur quoi les deux camps pouvaient encore discuter dans la mesure où le budget de l’Etat, donc les moyens qu’il pouvait mettre œuvre pour appuyer les entreprises, était déjà ficelé.
Effectivement, la Loi de finances rectificative est déjà bouclée et sera incessamment présentée au Parlement sans que, comme d’habitude, le secteur privé n’a pas été consulté préalablement. C’est pour ainsi dire que cette rencontre aurait même pu ne pas avoir lieu que çà ne changerait rien car les entreprises doivent s’en tenir à ce que l’Etat a déjà mijoté en leur faveur dans la Loi de finances rectificative.


