Suite à la déconfiture de la CNaPS dans l’investissement qu’elle a effectué dans le cadre du partenariat Air Madagascar- Air Austral, on avance une solution malgacho-malgache. Autrement dit, il y a des investisseurs nationaux qui seraient disposés à y verser des capitaux pour acquérir une part importante du capital d’Air Madagascar.
Tant qu’à faire, a priori, il n’y a pas de mal à ce que des nationaux rejoignent les actionnaires de la compagnie aérienne. Toutefois, une question vient immédiatement sur les lèvres : Qui sont ces investisseurs « nationaux » ? Les observateurs avisés voient déjà d’ici qui ils seront ! Ce ne sont autres que ces incontournables détenteurs de capitaux ou groupe de personnes qui, par tous les moyens, visent à s’accaparer de tous les biens sociaux sans penser qu’ils appartiennent à tous les Malgaches.
Air Madagascar va être ainsi bradée et tomber sous leur coupe. Après le transport ferroviaire, c’est le transport national aérien qui risque de connaître le même sort. Et bien évidemment, l’Etat trouvera toujours une explication qui justifiera cette solution. Et si l’exploitation à venir d’Air Madagascar ressemblera à celle de Madarail, on ne peut pas fonder un grand espoir sur son développement ainsi que son efficacité.
Il reste à savoir si, pour faire redécoller Air Madagascar, ne peut-on pas trouver un investisseur stratégique, par exemple une compagnie aérienne d’envergure internationale déjà expérimentée dans le domaine et qui est intéressée par un partenariat visant à développer l’industrie du transport aérien dans cette zone de l’océan Indien plutôt que de plonger dans un aventurisme dont on ne sait l’issue ?
La solution malgacho-malgache la plus sensée serait de faire appel à certaines institutions financières nationales telles que la Caisse d’Epargne de Madagascar (CEM), la CNaPS ou la Société Nationale de Participations (SONAPAR ) qui , selon les dires du ministre de l’Economie et des Finances, disposent d’un excès de capitaux. Par ailleurs, lancer un appel de fonds au public pour la recapitalisation de la compagnie nationale de transport aérien pourrait compléter cette action.


