Sans jouer le rôle d’oiseau de mauvais augure, on peut avancer dès à présent que la conjoncture économique sera très tendue. Tous les indicateurs sont au rouge. Et la situation ne cesse de se détériorer au fil des semaines.
Avec les inondations dans de nombreuses régions et la sécheresse dans le Sud – une situation cocasse dépassant tout entendement ! -, ainsi que les risques d’épidémies (peste…), somme toute des problèmes endogènes, le pays doit s’attendre à des conséquences économiques graves car les problèmes ne viendront pas seulement de l’intérieur du pays. Par exemple, ce qui se passe actuellement en Chine aura des répercussions négatives pour le pays. La Chine étant l’une des premières puissances économiques mondiales, si ce n’est pas la première.
Pour nos relations directes avec la Chine, notre premier partenaire commercial bilatéral, de janvier à décembre 2017, le montant des échanges bilatéraux entre la Chine et Madagascar atteint 931 millions USD, dont 755 millions USD d’importation et 176 millions USD d’exportation avec une augmentation sensible de l’ordre de plus de 20% comparée à la précédente période. Depuis, les échanges ont dépassé le milliard de dollar US.
Un effet de chaîne
Les conséquences peuvent ne pas être directes. Mais le résultat est le même pour nous. La Chine est le plus grand importateur de matières premières dans le monde pour alimenter ses usines. A ce titre, si son économie se grippe, c’est en quelque sorte l’économie mondiale qui va être affectée. Ainsi, ses importations de produits miniers, entre autres, vont diminuer. La demande mondiale sur ces produits va enregistrer la même régression. Et en fin de compte, ce sont les pays producteurs de produits miniers comme Madagascar qui en subissent les conséquences.
Bien évidemment, la Chine n’est pas notre seul partenaire. Mais nos autres partenaires économiques traditionnels ont également d’autres chats à fouetter. Donc, il ne faut pas trop compter sur eux quoique quelques subsides peuvent encore être espérés. Bien sûr, les dirigeants ne baissent pas les bras pour autant afin de maintenir, autant que faire se peut, le bateau à flot. D’ailleurs, ils ne peuvent pas faire autrement, c’est la contrepartie du pouvoir.


