C’est avec fierté que le ministère de la Communication et de la Culture a posté les photographies du travail que son équipe a entamé dans le cadre du Tagnamaro. En effet, le ministère s’est attaqué à plusieurs sites et notamment la Haute ville. Le résultat est juste ahurissant. Des coloriages dignes d’un enfant de 10 ans sur une place historique de la ville.
Alors que Madagascar fait des pieds et des mains pour que la Haute ville d’Antananarivo figure parmi les patrimoines mondiaux de l’Unesco, l’équipe du ministère de la Culture est passé pour y rajouter sa part de brique en coloriant d’une manière grossière un pan de ce vestige historique. Un comportement incompréhensible venant du ministère tutelle de la Culture à Madagascar.
Qu’on s’entende sur un point, la candidature de Madagascar à l’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco ne concerne pas seulement le Rova mais toute la zone de la Haute Ville avec les bâtiments patrimoniaux majeurs (le site du Rova, les palais, etc.), les espaces publics remarquables (la place Andohalo, etc.), les espaces et lieux sacrés (les églises, temples, sources, arbres, stèles, etc.), les voies historiques (les voies pavées/empierrées, les chemins des porteuses d’eau, etc.).
Alors que la démarche d’inscription a déjà été envoyée, on dirait que le gouvernement actuel essaie de saper les efforts entrepris dans ce domaine. En mettant de côté les projets hi-tech que la Présidence prévoit pour le Rova en enlevant à ce monument toute sa valeur historique, voilà que le ministère a entrepris de jouer au coloriage dans une des rues les plus historiques de la ville. La visite touristique du jardin d’Andohalo se termine sur cette place qui offre une vue panoramique à la ville. Et c’est cet air de Favelas que les touristes découvriront en arpentant cette route.
Il est effectivement vrai qu’on a assisté dernièrement à un développement de l’art urbain qui s’est matérialisé par l’embellissement de la ville à travers des fresques murales. Mais en l’occurrence, ces artistes ne s’attaquent pas à des places historiques et se contentent de rendre aux murs une seconde vie. Qui plus est, comme son nom l’indique, ce sont des artistes qui s’arrangent à faire en sorte que leur travail soit agréable à regarder.



