Souvent méconnues des citadins, les zones humides sont vitales pour les villes. Elles atténuent entre autres les effets des inondations en agissant comme des éponges géantes qui absorbent les crues. Comme dans de nombreuses villes du monde, les zones humides d’Antananarivo subissent l’urbanisation effrénée.
Le cas récent de la zone humide d’Ambodivona est une illustration flagrante. C’est un lieu de passage et de vie de nombreuses espèces d’oiseaux dont des canards sauvages comme le Dendrocyne veuf ou le canard à bec rouge. Actuellement, la surface totale du lieu n’est plus que de trois hectares, à cause des remblais. Selon l’article 3 de la charte environnementale, «Les projets d’investissements publics ou privés, qu’ils soient soumis ou non à autorisation ou à approbation d’une autorité administrative, ou qu’ils soient susceptibles de porter atteinte à l’environnement doivent faire l’objet d’une étude d’impact ». Elle doit être conduite par l’Office National pour l’Environnement (ONE), et cadrée par la loi, selon le décret MECIE (Mise en Compatibilité des Investissements avec l’Environnement). Cette étude d’impact environnemental (EIE) concerne les projets d’investissements « susceptibles d’avoir des conséquences dommageables sur l’environnement, de par leur nature technique, leur ampleur ou de la sensibilité du milieu d’implantation. »
La zone humide d’Ambodivona est clairement catégorisable par la loi comme étant une zone sensible dont l’aménagement doit passer par une EIE. C’est une zone de marais. Seulement, l’étude d’impact environnemental dépend du montant global de l’investissement. Il est donc possible que des zones très sensibles ne soient pas sujettes à une EIE si l’investissement pour leur aménagement est en dessous d’un montant minimum en Ariary, en dollars ou autre. L’EIE ne concernerait donc a priori que les grands projets avec de gros investissements. L’annexe I du décret MECIE stipule cependant qu’une étude d’impact environnemental est obligatoire pour « tout projet d’excavation et remblayage de plus de 20.000 m3 ». Ces 20.000 m3 sont équivalents à un remblai de 2 hectares sur 1m de hauteur. S’il s’agit d’un projet avec un investissement moins conséquent, le demandeur fait une demande de programme d’étude environnemental (PREE) pour obtenir une autorisation environnementale, qui est délivrée cette fois-ci par le ministère de l’Aménagement du territoire et des travaux publics. C’est un avertissement destiné aux investisseurs de projet de toujours prendre en considération la loi en vigueur dont respecter l’EIE afin d’éviter les dégâts si on ne parle que des inondations dans la capitale en cas d’abondance des pluies, car les eaux ont des problèmes d’évacuation.
Pour revenir au cas des zones humides, ce sont les lieux de vie de nombreuses espèces d’oiseaux, d’amphibiens et autres animaux aquatiques. Le parc Tsarasaotra à Alarobia Antananarivo par exemple, est un lieu de visite incontournable pour les ornithologues qui passent par la capitale. C’est l’unique site figurant sur la liste Ramsar des zones humides d’importance internationale, se trouvant en milieu urbain, à Madagascar.


