TRAVAIL DES ENFANTS : La région Nord considérée zone rouge

La situation demeure toujours préoccupante en matière de travail des enfants à Madagascar malgré le peu de progrès réalisé pour défendre l’intérêt supérieur des enfants.

Pour le moment, le travail des enfants dans la filière vanille dans la région Sava occupe une place importante dans le cadre du non respect des droits des enfants.  Les dernières statistiques recueillies dans le cadre d’une étude menée par l’Organisation internationale du travail (OIT) dans la région en 2011 font état de 20 .000 enfants travaillant dans le secteur de la vanille. Les choses changent toutefois selon la population de la région. Ce, depuis la mise en œuvre du projet OIT/SAVABE ou Soutenir les Acteurs de la Vanille au Bénéfice des Enfants pour une durée de deux ans à l’issue de laquelle la situation a tendance à s’améliorer progressivement. Toutefois, une enquête de base auprès des 32 communes bénéficiaires sur le taux de prévalence du travail des enfants dans la filière vanille est en cours de réalisation. Les résultats seront diffusés dans le courant de cette année 2020.

Toujours dans la catégorie de régions à taux élevé, viennent ensuite les régions Analanjirofo(36 cas), Sofia (20 cas) et Atsinanana (17 cas). Dans les régions Menabe, Boeny, Diana et Vakinankaratra, le taux d’incidence est considéré comme relativement élevé.

A la filière vanille s’ajoute le travail des enfants dans la casse de pierres. L’étude du BIT, de l’UNICEF et de l’INSTAT a révélé qu’environ 1,8 million d’enfants âgés de cinq à 17 ans sont obligés de travailler, et la plupart exercent des métiers dangereux, malgré le fait que le travail des enfants est contraire au droit international et malgache. Plusieurs enfants travaillent comme ouvriers journaliers dans l’industrie de la pêche, dans les carrières ou comme domestiques, et la plupart sont obligés d’abandonner l’école, sans même recevoir l’enseignement primaire de base.

Aucune sécurité des enfants travaillant comme casseurs de pierres

Risques de santé

En dehors de la privation des enfants de leur droit à l’éducation, le travail des enfants comporte de grands risques de santé. Selon l’étude, 37 pour cent des enfants travailleurs ont déclaré que leurs activités leur ont causé de tort. Beaucoup ont souligné qu’ils tombent malades ou se blessent, notamment ceux qui exercent des tâches physiques dans le secteur des mines, de la transformation et de l’agriculture, qui sont les plus vulnérables.

Une campagne nationale de lutte contre le travail des enfants, lancée il y a quatre ans par le BIT, n’a connu que peu de succès, en dépit du fait qu’il a bénéficié du soutien du gouvernement. La campagne a permis de sauver des milliers d’enfants dans le domaine du travail, mais beaucoup ont encore besoin d’aide et exercent des métiers à cause de la pauvreté.

Bien que Madagascar ait signé et ratifié la Convention internationale du BIT sur l’âge minimum pour le travail en 2000 et ait voté une loi nationale en 2007, qui interdit que les enfants de moins de 15 ans exercent toute sorte de métier, personne n’a été arrêtée nipoursuivie pour le travail des enfants dans le pays. Les experts estiment que la loi est inutile, puisque la lutte pour la survie continuera par prendre le pas sur l’envoi des enfants à l’école.

Formation professionnelle

Avec l’appui financier du Département Américain du Travail (USDOL) et l’OIT, la Région SAVA œuvre pour un meilleur avenir de ses enfants par la formation professionnelle à travers le projet SAVABE implanté à Sambava en 2018.  En travaillant de concert avec les mandants tripartites et les acteurs de la filière vanille, le projet consiste à éliminer le travail des enfants dans la filière vanille dans la région SAVA.

Travail des enfants dans la vanille

Le projet intervient dans 32 communes ciblant 15.000 ménages répartis dans  les districts de Sambava, Antalaha, Vohémar et Andapadont 450 jeunes de 14 à 17 ans qui ont quitté trop tôt le système scolaire et qui ont besoin de réinsertion socio-professionnelle. L’objectif étant l’amélioration de leurs moyens de subsistance pour les ménages et la réinsertion socio-professionnelle pour les jeunes dans deux centres dont un dans l’enceinte de la prison d’Antalaha et un à Vohémar. Ils sont divisés en trois filières : la culture maraîchère, la maçonnerie et la menuiserie bois.

Le fait de lutter contre le travail des enfants se conjugue avec l’amélioration des moyens de subsistance des parents nécessiteux. Plus de 9.000 ménages producteurs de vanille bénéficient actuellement l’appui du projet dans le cadre de formation sur les bonnes pratiques agricoles et en éducation financière. Le résultat à long terme du projet prévoit queles ménages bénéficiaires ne s’adonnent plus au travail des enfants pour compléter leur revenu.

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