EDUCATION : Retour forcé du PSE

Le Plan sectoriel de l’éducation (PSE) refait surface après presque une année de silence suite à la divergence des opinions de tous les acteurs concernés sur sa mise en œuvre, notamment concernant le calendrier scolaire. La rentrée scolaire pour l’année 2019-2020 a été perturbée et le ministre de l’Education nationale de l’époque a dû trancher pour reprendre l’ancien calendrier pour calmer le jeu en précipitant la rentrée au mois d’octobre 2019, en reprenant le système du programme trimestriel de neuf mois et en maintenant l’examen du CEPE. Entre temps, des consultations régionales ont été réalisées sur le PSE comme à Toamasina mais le suivi a été classé sans suite.

La dotation en kits scolaires des élèves.

Échec en 2019

En 2019,  la mise en œuvre du PSE a abouti, en partie, à un échec. L’application du système de cinq bimestres a été très dure non seulement pour les établissements scolaires, publics et privés, mais a surtout eu des impacts chez les élèves et leurs parents. Le programme scolaire et le calendrier ont été fortement perturbés et les élèves n’arrivent plus à se concentrer dans leurs études. Par conséquent, le taux de réussite aux examens officiels a eu tendance à régresser à cause du changement du système scolaire, consacré comme une période d’essai du nouveau système scolaire qui est le PSE : l’année scolaire était très longue et les élèves ont eu du mal à la supporter. 

A titre de rappel, le PSE se résume comme suit au début.  L’éducation fondamentale sera délimitée en neuf années qui se divise en trois sous-cycles de trois années de chaque ; à chaque fin de sous-cycle, les élèves passeront des évaluations sommatives et formatives.  La langue d’apprentissage durant les trois premières années dans le premier sous-cycle est le Malagasy et le Français sera introduit à la dernière année du deuxième sous-cycle. L’élève aura un profil de sortie à chaque sous-cycle franchi ; le mode d’apprentissage changera d’où des cours de pratiques hors salle organisées à part les leçons théoriques. La rentrée scolaire en mois de mars devrait permettre d’éviter la période de soudure, les impacts néfastes de la période cyclonique (de janvier à mars), la perte de temps pour les jeunes bacheliers et assurer le fonctionnement des activités annuelles du ministère en fonction du budget qui est toujours débloqué au mois de mars.  Une phase de transition pour y parvenir peu à peu se réalisera à partir de la prochaine année scolaire.

14,3 millions d’euros de la France

Et revoilà qu’une reprise soudaine, voire le retour à la case de départ en force du PSE a été décidé à l’occasion de la visite du ministre français en charge de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, à Madagascar qui a souligné l’importance de la promotion de l’éducation dans le pays. Deux conventions de financement ont été signées au palais d’Iavoloha dont l’une à hauteur de 14,3 millions d’euros pour un appui au PSE.  La seconde convention portant sur l’accord-cadre de partenariat sur l’éducation d’une durée de trois ans a été signée par la ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement technique et Professionnel, Rijasoa Andriamanana Josoa, et l’ambassadeur de la France à Madagascar, Christophe Bouchard. Déjà l’opinion publique se demande si le moment est opportun de précipiter la reprise du PSE, sa mise en œuvre ayant suscité des critiques et commentaires,  surtout si le programme scolaire lui convient vraiment.

L’application du PSE ne se décide pas sur un coup de tête pour justifier l’utilisation du financement mais nécessite une grande réflexion et une bonne entente entre tous les acteurs concernés pour qu’il soit faisable et acceptable conformément aux besoins de la conjoncture actuelle. Il ne suffit pas de se réjouir du financement octroyé par le gouvernement français pour reprendre la mise en œuvre du PSE,  mais surtout de se pencher sur son impact, sa crédibilité et ses avantages vis-à-vis de toutes les parties prenantes. Pour sa part, le président de la République a fait part de ses soucis liés au problème de l’éducation à Madagascar, entre autres, la difficulté d’accès à l’école et le manque d’infrastructures. Sur ce sujet, le Gouvernement malgache envisage de multiplier les actions notamment dans la distribution de kits scolaires et l’amélioration des infrastructures de base dans toutes les régions de la Grande île. La révision à la hausse du budget du ministère de l’Education nationale est envisagée afin d’augmenter le taux de scolarisation des enfants malgaches. Reste à savoir si ce PSE serait vraiment effective pour la prochaine rentrée scolaire 2020-2021, soit en mars 2021 avec le maintien du calendrier scolaire bimestriel et qui vise même l’annulation du CEPE.

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