DÉGRADATION DE LA NATURE : Perte de 4,2% du PIB de Madagascar d’ici 2050

« La perte de la nature nous coutera très cher si rien n’est fait d’ici à 2050 », selon le rapport du WWF publié le mercredi 12 février dernier, en partenariat avec le Global Trade Analysis Project de l’université de Purdue et le Natural Capital Project de l’université du Minnesota. Ce rapport révèle pour la première fois le coût économique du déclin de la nature pour 140 pays et identifie les pays dont les économies seront les plus durement touchées d’ici 2050. Selon ce rapport intitulé « Global Futures », Madagascar perdra 4.2% de son produit intérieur brut (PIB)  d’ici à 2050 si la nature continue de se dégrader au même rythme que maintenant.

Les scientifiques sont partis de scénarios qui lient les services des écosystèmes à des modèles économiques pour modéliser leurs projections. Ils se sont basés sur six services écosystémiques fournis par la nature, à savoir la pollinisation, la protection des côtes, les ressources en eau, la pêche maritime et le stockage du carbone. Selon le rapport, l’érosion des côtes, la perte des espèces et le déclin de ces richesses naturelles (les forêts, les ressources marines, …) coûteraient 479 milliards de dollars par an au niveau mondial. Une nature dégradée ne peut rendre les mêmes services. Les récifs coralliens et les mangroves ne pourront plus freiner l’érosion des côtes comme il se doit. Cela aura pour effet de fragiliser les infrastructures côtières, les zones de pêche et d’agriculture. Une nature plus dégradée sera aussi beaucoup plus fragile face aux aléas climatiques.

Diminution de la couverture forestière

Pour Madagascar, la diminution de la couverture forestière actuelle ferait perdre 1,31% du PIB d’ici à 2050. Si la déforestation réduit encore plus la surface des forêts restantes, celles-ci stockeront moins de carbone, et protègeront moins des effets du changement climatique. Elles pourront retenir moins de sols et attireront moins de pluies … Tout ceci aura un impact sur les espèces d’insectes qui pollinisent les fleurs et la disponibilité des ressources en eau pour les agriculteurs. En conséquence, les prix des produits de base et denrées alimentaires vont augmenter. Les scientifiques ont estimé la hausse des prix au niveau mondial pour le bois (+8%), le coton (+6%), les graines oléagineuses (+4%) et les fruits et légumes (+3%).

Loin d’être simplement alarmiste, le rapport « Global Futures » avance des solutions concrètes et réalistes. La meilleure gestion des terres pour éviter de détruire les zones naturelles qui existent encore est une priorité. Avec une gestion durable qui permet aux milieux naturels de continuer à fournir les services dont nous avons besoin, l’ensemble de la planète y gagnerait ! Selon le rapport, avec une politique et des actions orientées vers la conservation des ressources, les forêts Malagasy peuvent augmenter le PIB du pays de +1,23% d’ici à 2050.

Pour Tiana Ramahaleo, directeur de conservation du WWF à Madagascar, « Il est urgent que nous préservons la nature restante qui fait la fierté de Madagascar. Nous avons l’opportunité en 2020 d’ouvrir un nouveau chapitre pour reverdir Madagascar et sauver notre biodiversité ». Le WWF appelle à des engagements clairs et durables de tous pour la préservation de la biodiversité pour la génération future, la concrétisation des engagements sur le climat et l’atteinte des objectifs de développement durable pour Madagascar.

Vous aimerez aussi