CRIMES ENVIRONNEMENTAUX : 50 à 80 cas de déferrement et mandat de dépôt en 3 semaines

Depuis l’application du confinement sur tout le territoire entraînant l’interdiction de l’accès dans les parcs nationaux et aires protégées, l’équipe du ministère de l’Environnement et du développement durable (MEDD) n’a cessé de veiller sur la protection des espèces de plantes et d’animaux dans ces sites. Les dispositifs n’ont pas empêché les trafiquants à s’introduire dans les aires protégées pour s’emparer des richesses en biodiversité. Le ministère de tutelle a mis en place un task force au niveau des régions et mis en application l’approche tolérance zéro face aux crimes environnementaux.

Actuellement, bon nombre de cas de déferrement et d’emprisonnement ont été recensés durant la période de confinement, soit entre 50 et 80 cas en 3 semaines. Parmi les délits fréquents figurent la pratique du charbon et le trafic espèces de lémuriens et tortues. En outre, les activités illicites s’accroissent dans les aires protégées  telles que l’exploitation minière, la surpêche dans les zones côtières, la chasse d’espèces protégées, les trafics de bois et autres. A cause de la mesure de confinement pour éviter la propagation du Covid-19, le taux de criminalité environnementale est également en hausse pour ne citer que les feux de brousse, les corruptions pour faire sortir en douce les produits forestiers. Les besoins de la population en matière de plantes médicinales ont aussi augmenté face au coronavirus.

D’où la nécessité de renforcer  la sécurité des aires protégées  face à la recrudescence des trafics, a déclaré le ministre Vahinala Baomiavotse Raharinirina, lors de son intervention au site d’informations de Mongabay. La vision de l’Etat est de reverdir Madagascar. Face à cela, les principaux défis qui s’imposent restent la pauvreté de la population qui fait que la pression anthropique sur l’environnement est si haute, ainsi que la nécessité d’une éducation environnementale conséquente afin de renforcer le partage et la circulation d’informations environnementales et la compréhension de l’importance de la préservation de l’environnement. « Jusque là, les activités de reboisement et de surveillance ont connu une certaine régression mais nous restons confiants que le Covid-19 soit repoussé d’ici peu et ces activités reprennent », a souligné le numéro Un du MEDD.

Financement des aires protégées en baisse

En parlant toujours des impacts du coronavirus sur la conservation de la biodiversité de Madagascar, premièrement, le secteur du tourisme à l’arrêt actuellement impacte considérablement le financement des aires protégées. Malgré que ça ne couvre pas entièrement la gestion de ces aires protégées, l’absence du revenu du tourisme contraint les gestionnaires à réduire les activités au sein des aires protégées. Une répercussion inévitable également est la baisse des financements étrangers pour les aires protégées.

Madagascar dispose en ce moment de 144 aires protégées dont 46 sous la gestion du Madagascar national parks, 92 gérées par des ONG et 15 sous la supervision du MEDD. Actuellement, 40 aires protégées sont financées par la Fondation des aires protégées et de la biodiversité de Madagascar (FAPBM) détenant un capital de 75 millions de dollars.

A cause de l’impact du Covid-19 sur l’économie internationale, ce financement placé dans le marché financier mondial, risque de voir ses revenus réduits, ce qui affectera énormément les aires protégées de Madagascar, toujours selon le ministre Vahinala Baomiavotse Raharinirina. Cela contraint les gestionnaires à réduire toutes les activités touristiques pour le moment.

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