L’agence onusienne recommande, pour le moment, de poursuivre l’administration du vaccin d’AstraZeneca qui a été suspendu dans plusieurs pays européens.
Le Comité consultatif mondial sur la sécurité des vaccins (GACVS) de l’OMS examine actuellement les risques que pourraient poser le vaccin d’AstraZeneca. L’EMA doit elle présenter ses conclusions jeudi sur les risques potentiels de ce vaccin qui a été suspendu dans 13 pays européens.
« A ce stade, l’OMS considère que les avantages du vaccin d’AstraZeneca l’emportent sur ses risques et recommande que les vaccinations se poursuivent », a déclaré mercredi l’agence onusienne dans un communiqué.
Depuis une semaine, plusieurs pays de l’Union européenne ont temporairement suspendu l’utilisation du vaccin produit par l’entreprise pharmaceutique suédo-britannique. Ces suspensions ont été décidées par mesure de précaution après le signalement de problèmes de coagulation sanguine – notamment de thrombose – chez des personnes ayant reçu le vaccin d’AstraZeneca.
« La vaccination contre la Covid-19 ne réduira pas les maladies ou les décès d’autres causes », a souligné l’OMS. « Les événements thromboemboliques sont connus pour se produire fréquemment. La thrombo-embolie veineuse est la troisième maladie cardiovasculaire la plus courante dans le monde », a précisé l’agence onusienne.
Dans les campagnes de vaccination de grande envergure, il est courant pour les pays de signaler des effets secondaires potentiels après la vaccination, rappelle l’OMS. « Cela ne signifie pas nécessairement que les événements sont liés à la vaccination elle-même, mais il est de bonne pratique d’enquêter dessus », a dit l’agence onusienne qui estime par ailleurs que le fait de signaler et de rapporter les effets secondaires des vaccins montre également que le système de surveillance fonctionne et que des contrôles efficaces sont en place.
L’OMS est en contact régulier avec l’EMA et les régulateurs du monde entier pour obtenir les dernières informations sur l’innocuité des vaccins contre la Covid-19. Le GACVS a indiqué qu’il continuait d’« évaluer attentivement » les dernières données d’innocuité disponibles pour le vaccin d’AstraZeneca. « Une fois cet examen terminé, l’OMS communiquera immédiatement les conclusions au public ».
Renforcer le rôle des communautés pour faire accepter les vaccins
Dans ce contexte général de méfiance à l’égard des vaccins contre la Covid-19, l’OMS juge important de répondre aux préoccupations des communautés. Elle invite les Etats à s’appuyer sur leurs communautés pour « établir et maintenir la confiance » et faire ainsi accepter les vaccins.
Selon l’agence onusienne, la poursuite ou la durabilité des services de vaccination n’est possible que lorsque les prestataires de soins et les communautés ont confiance dans l’innocuité et l’efficacité des vaccins. Pour y arriver, l’OMS estime qu’il faut maîtriser les données socio-comportementales alors que « les gens s’inquiètent de la sécurité des vaccins et des autres outils biomédicaux fabriqués à une vitesse sans précédent et à l’aide de nouvelles technologies ».
Malgré ces suspicions, des études récentes suggèrent qu’environ 65% des populations interrogées dans le monde sont prêtes à être vaccinées avec un vaccin contre la Covid-19 ». L’OMS précise toutefois que ce chiffre a fluctué dans le temps.
L’OMS estime important de prendre en compte les inquiétudes des populations et de leurs fournir des informations sanitaires exploitables, opportunes et crédibles provenant de sources fiables.
« Les épidémies passées nous ont montré à quel point les craintes individuelles ou communautaires peuvent se propager rapidement et largement si elles ne sont pas traitées en temps utile et de manière globale », a insisté l’agence onusienne, qui appelle à combattre la désinformation et les rumeurs qui peuvent avoir « un impact négatif sur la confiance dans le vaccin ». A cet égard, les professionnels de santé locaux ont un rôle important jouer dans la promotion de l’acceptation du vaccin parmi leurs patients et leurs communautés.
L’OMS a publié un document sur les 10 étapes de la préparation communautaire aux vaccins. Développé avec le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), ce document retrace ce que les pays doivent faire pour préparer les communautés à un vaccin, un traitement ou un nouveau test de dépistage.
« Des mesures concrètes et mesurables peuvent être prises pour s’assurer que les citoyens sont engagés et prêts à soutenir les nouveaux outils biomédicaux », fait valoir l’OMS, relevant que toute communication doit placer « les communautés au cœur du déploiement de nouveaux vaccins, et favoriser ainsi la confiance, l’ingrédient essentiel de toute action communautaire ».

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