Madagascar n’est pas épargné par le phénomène du changement climatique en subissant les conséquences, si on ne parle que de l’abondance des pluies causant de graves inondations dernièrement dans certaines régions. Tout cela, sans oublier la variation des températures dont celles-ci ont tendance à augmenter de 1,5°C à 2°C et les précipitations vont baisser de 5,1mm sur les Hautes terres centrales en 2030. Les impacts sont considérables sur l’agriculture, l’élevage, la foresterie, les ressources en eau, la pêche et la santé.
25 % des espèces de faunes et flores confondues pourraient disparaître, selon le WWF dans son rapport de 2018 comme le cas des ressources naturelles marines (poissons, tortues) et le blanchiment des coraux. La réduction des rendements agricoles serait plus importante car l’augmentation de l’intensité et/ou de la durée des périodes de sècheresse entrainerait aussi une perturbation du calendrier cultural. Selon les données de l’Institut National des Statistiques (INSTAT, 2016), 500.000 ménages malgaches sont victimes de catastrophes naturelles chaque année. 547.760 personnes sont en phases «Urgence » et « Crise » pour la période de juin à juillet 2019 dans 8 districts du Sud de Madagascar. Pourtant la fréquence des cyclones tropicaux intenses augmenterait encore d’après les nouvelles projections climatiques à Madagascar en 2030 et 2080, soit deux à trois cyclones par an.
Ces faits ne sont qu’un aperçu des réalités de Madagascar.
Plan national d’adaptationà réaliser
Afin de faire face à ce phénomène climatique, l’Etat dispose d’un Plan National d’Adaptation (PNA) sur les changements climatiques qui a été le sujet abordé lors de la 37è réunion des Groupes d’experts des pays moins avancés (PMA) qui a pris fin ce jour à l’hôtel Carlton. En effet, l’économie des pays moins avancés comme Madagascar est basée sur les secteurs vulnérables aux effets du changement climatique, ainsi, il est significatif que des actions soient planifiées et menées afin de permettre aux communautés d’être résilientes mais surtout de s’adapter au changement climatique.Madagascar est engagé dans la lutte contre le changement climatique en l’inscrivant dans sa politique générale de l’Etat. D’ailleurs, le pays a déjà finalisé l’élaboration de son PNA, en attendant la validation en conseil des ministres pour être effectif.
La réunion de trois jours a été une opportunité pour les participants de définir les stratégies et objectifs communs pour faire face au changement climatique à partir du bilan dressé par chaque pays (PMA). Grâce à l’appui du Pnud, qui est aussi partenaire potentiel dans la mise en œuvre du PNA à Madagascar, des efforts ont déjà été déployés en vue de contribuer aux priorités du Programme d’Action Nationale d’Adaptation au changement climatique, avec le cofinancement du Fonds mondial pour l’environnement, depuis 2016 jusqu’en 2021. Des actions ont été entreprises au niveau stratégique et au niveau local pour améliorer la capacité de résilience et d’adaptation des communautés face au changement climatique. Cinq régions parmi les plus vulnérables aux aléas climatiques sont concernées par ce projet, à savoirAnalamanga, Atsinanana, Androy, Anosy et AtsimoAndrefana. Les réalisations du projet sont palpables à la moitié de la durée du projet, parmi lesquelles figurent la sensibilisation et l’information sur l’adaptation au changement climatique des responsables du bureau national de coordination, des services déconcentrés et des collectivités territoriales décentralisées. Viennent ensuite l’acquisition de cinq stations hydrologiques et deux stations synoptiques pour renforcer le réseau des stations météorologiques de Madagascar, la mise en place des Champs écoles paysans dont 43 sites sont maintenant opérationnels et 86 animateurs sont formés. Moins d’un millier de familles ont été appuyés dans leurs activités agricoles avec une dotation en matériels.Ces appuis pour renforcer les capacités des communautés vulnérables des Régions d’Androy, Anosy, Atsinanana, Analamanga et d’AtsimoAndrefana à faire face aux risques supplémentaires dus au changement et à la variabilité climatique sur les opportunités de moyens de subsistance vont se poursuivre jusqu’en 2021.
D’ici deux ans, le programme PNA ambitionne particulièrement de faire adopter des technologies et les pratiques résilientes au changement climatique au moins à 75% des bénéficiaires des champs écoles paysans, former au moins 75% des 3 000 producteurs sur les technologies adaptées au changement climatique et réduire d’un point l’indice de vulnérabilité de chaque commune d’intervention.
Malgré les progrès réalisés, et à l’attente de l’adoption du PNA par le conseil des ministres, le changement climatique ne cesse de faire souffrir les populations dans leurs activités quotidiennes. Les variations climatiques, la perturbation du calendrier cultural, la disparition des espèces d’animaux et de plantes font partie des dégâts occasionnés par les effets du changement climatique…



