Depuis un certain temps, une proposition appelée GENIE ou Gouvernement d’Entente Nationale Intermédiaire pour les Élections circule au sein du microcosme politique. Plusieurs personnalités ont commencé à en parler que ce soit dans les médias, Auguste PARAINA en premier lors d’une émission Invité du Jour sur une chaîne privée fin 2022 ou encore dernièrement la députée TIM Hanitra Razafimanantsoa pendant l’émission Miara Manonja du lundi 8 mai. En parallèle, un document intitulé Charte d’Entente Nationale a fait le tour des réseaux sociaux, associé à tort avec le GENIE.
Le GENIE est avant tout un dispositif intermédiaire qui promeut la neutralité dans sa mission de mettre en place un nouveau système électoral pour que les élections à venir se passent dans de nouvelles et meilleures conditions, pour qu’elles soient justes et acceptées par tous afin de prévenir une crise postélectorale voire pré-électorale. Les membres du GENIE seront par ailleurs inéligibles pour les prochaines élections qu’ils organiseront toujours par souci d’impartialité et de neutralité.
Le GENIE diffère d’une Transition car ce n’est en aucun cas un dispositif mis en place entre deux régimes suite à un soulèvement ou le renversement d’un régime en place, mais une institution intermédiaire qui n’a pas pour vocation de changer ou de remplacer les institutions républicaines et démocratiques en place composées d’élus telles que l’Assemblée Nationale ou le Sénat où siègent les élus, ni même le Président de la République.
Comme son nom l’indique, le GENIE se base sur une Entente Nationale, ce qui signifie que les acteurs sociopolitiques s’accordent à confier à ce Gouvernement le soin d’organiser les élections de façon neutre, sans partage des sièges, sans exiger de quotas de participation ou de ministères, le différenciant de tout concept d’Union ou Salut National ou d’Ouverture selon la formulation choisie qui implique forcément un partage du gâteau.
Contrairement aux précédentes « transitions » donc, il n’y aura pas création de nouvelles institutions extraconstitutionnelles du type Conseil de la Transition ou Conseil Supérieur de la Transition ou autres.
Le GENIE a encore moins l’ambition de vouloir changer la Constitution et prendre cette excuse pour s’éterniser comme lors de la précédente Transition de 2009 qui a duré quasiment le temps d’un mandat présidentiel. Une mission précise, courte, pour poser des bases nouvelles, saines et fiables, qui redonnera aux futurs candidats une réelle égalité de chance et un traitement juste lors des futures élections à venir.
En tant qu’institution intermédiaire pour les élections, le GENIE aura pour mission de proposer et d’instituer un nouveau système électoral qui sera en totale rupture avec le passé notamment avec des élections liées, un nouveau système de financement et de plafonnement, une durée de la campagne et du mandat différente qui résultent en des élections moins budgétivores et garantissant un meilleur contrôle et une meilleure stabilité.
Ce système sera lui-même lié à une démétropolisation de la structure politico-administrative, à savoir une application plus profonde du système de décentralisation pourtant inscrite dans la Constitution mais jamais appliquée, ce qui permettra une meilleure gestion et un contrôle facilité et de proximité du déroulement du scrutin, du traitement des résultats et des éventuelles requêtes le cas échéant. En d’autres termes, un circuit raccourci, plus sécurisé et mieux contrôlé du traitement des anomalies et des résultats du vote, permettant au passage une proclamation plus rapide des résultats. Le GENIE n’est en aucun cas lié de près ou de loin à toutes autres propositions de transition d’Union Nationale (GUN) ou d’Entente Nationale (TEN) ou d’Ouverture qui replongeront inévitablement le pays dans les anciennes pratiques du passé et que la majorité des Malagasy et des politiciens éclairés ne veulent plus revivre.
Si la mise en route du processus implique nécessairement un accord politique notamment entre le Président en exercice et son ou ses prédécesseurs, celle-ci sera validée et ratifiée par les autres formations et OSC y adhérant, et il est important une fois de plus de confirmer que les institutions démocratiques comprenant les élus de la République demeureront et resteront en fonction, et participeront pleinement à sa réalisation, écartant d’office toute velléité de renversement de pouvoir.
Toujours dans cet esprit de rupture, il est primordial de préciser que contrairement aux accords et conventions passés nés de diverses médiations régionales ou internationales, le GENIE est le fruit d’un long travail de réflexion et d’échanges auquel ont activement pris part différentes personnalités politiques et civiles malagasy de tous bords, vivant et travaillant aussi bien à Madagascar qu’au sein de la diaspora répartie dans le monde entier, tous indifféremment regroupés au sein de l’ALLIANCE, et qui se sont unis pour trouver et proposer une solution pour l’intérêt commun, à savoir éviter une nouvelle crise politique et instaurer de nouvelles bases de développement solides, répondant notamment aux attentes de toutes les régions pour un traitement équitable, ne dépendant plus du bon vouloir de l’État central. Antananarivo n’est plus Madagascar tout seul.

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