JEAN MICHEL HENRI : « Le changement est déjà en marche ! »

Alors que certaines voix s’élèvent pour revendiquer un changement radical dans la conduite des affaires nationales, d’autres avis estiment que le changement auquel aspire la grande majorité de la population a déjà été entamé par le pouvoir en place qui s’est engagé pour faire de ce pays et de son peuple, une nation émergente.

Certains parlent d’un changement de Constitution et/ou du gouvernement, invoquant une « refondation totale » de cette gestion des affaires publiques, mais pour d’autres, les préoccupations devraient plutôt être concentrées vers la concrétisation du programme annoncé et promis pour la relance économique et le véritable développement du pays. Sauf qu’on ne parle plus de promesses, constate le député et premier questeur de l’Assemblée nationale, Jean Michel Henri, lors d’un entretien à son bureau et au cours duquel il a également fait part de sa vision et de son point de vue sur d’autres sujets de l’actualité dans le pays.

Pour Jean Michel Henri, il s’agit plutôt maintenant d’intensifier les actions et efforts pour la réalisation de ces promesses présidentielles afin que chaque collectivité territoriale (province, région, district, commune et même jusqu’ aux Fokontany) puisse profiter et bénéficier des bienfaits de celles-ci.

Monsieur le député, comment voyez-vous la situation globale qui prévaut actuellement dans le pays ?

Soyons clairs ! Il est patent que la pandémie de covid-19 a causé de nombreux problèmes pour tous les pays du monde, et Madagascar n’est pas épargné. Néanmoins et pour répondre à votre question, je constate que le pays avance en termes de démocratie. Comme l’a souligné dernièrement le Président de la République, le classement de Madagascar est positif, nous sommes au dixième rang parmi les pays africains et c’est une grande avancée sur le plan de la démocratie. En matière de développement en général, je constate aussi que tous les districts de ce pays bénéficient des réalisations entreprises par le régime actuel. Il n’y a que les aveugles qui ne voient pas ces réalisations « manara-penitra » effectuées un peu partout comme les écoles, stades, marchés et CSB… Donc, je peux dire que ce régime a beaucoup changé le visage du pays où de nombreuses localités ont été pendant très longtemps délaissées par les régimes précédents.

Mais que pouvez-vous répondre à ceux qui réclament un changement de Constitution et aussi du gouvernement ?

Oui, l’opposition peut dire ce qu’elle veut. Je suis d’accord qu’elle joue son rôle. L’opposition peut émettre ses propositions, mais il ne lui appartient pas de dicter les décisions que le pouvoir et surtout le Président de la République doit prendre. Monsieur le Président a déjà défini son programme et ses orientations pour le développement de Madagascar. Il a aussi sa stratégie qui est de mener ce pays vers son émergence afin qu’il ait la place qu’il mérite dans le concert des nations. Personnellement et franchement, je trouve qu’un changement de Constitution n’est pas une priorité pour le moment. Et il en est même pour ce qui est du gouvernement. En fait, si des changements sur ces deux points devaient être décidés, cela relève du pouvoir régalien du Président de la République. Néanmoins, j’ajouterai quand même en ce qui concerne le gouvernement qu’il y est effectivement quelques maillons faibles à changer… pour que tout le monde soit au même diapason du Président. Celui-ci roule à une vitesse TGV alors que ces maillons faibles ne semblent pas suivre le rythme et sont plutôt à la traîne comme des michelines.

Qui sont ces maillons faibles du gouvernement, pouvez-vous nous citer des noms ?

Non, je ne peux pas vous citer des noms mais je pense que les intéressés se reconnaitront d’eux-mêmes. Mais encore une fois, il appartient au Président de la République de décider en la matière.

Par rapport à cette situation que vous venez de décrire, que pouvez-vous conseiller, surtout à la population malgache ?

Je pense que la population ne devrait pas être dupe des velléités politiques de l’opposition qui ne cherche qu’à déstabiliser le régime en place. Aussi, je lui conseille de ne pas jouer le rôle de l’opposition, en ce sens qu’il faut attendre la fin du mandat du Président actuel, il faut respecter la démocratie et respecter également l’alternance démocratique au pouvoir. Je ne pense pas que ces menées déstabilisatrices de l’opposition puissent être bénéfiques pour le pays. Cela va mener davantage le pays et la population dans la pauvreté.

Sur un autre plan, Monsieur le député, vous n’êtes pas sans savoir les événements qui se sont déroulés récemment dans le Sud qui est votre région d’origine, à savoir la grève des étudiants de l’université de Maninday et l’exode plus ou moins massif des populations du Sud vers la capitale. Et il y aussi le kere qui sévit encore dans la région. Que pouvez-vous dire ?

C’est vrai qu’il y a eu cette grève des étudiants qui revendiquent le paiement de leurs bourses. Il se trouve effectivement d’après ce que je sais que ces étudiants n’ont pas perçu leurs bourses depuis plusieurs mois alors que l’Etat avait déjà envoyé l’argent aux responsables. Pour vous dire que je suis très tenté de croire à ces soupçons de détournement de l’argent des bourses, et de manipulations politiques des étudiants. Je crois savoir que des enquêtes sont déjà en cours sur cette affaire, mais tout ce que je peux dire est que les étudiants sont tout à fait dans leur droit pour réclamer le paiement de ce qui leur est dû, mais qu’ils ne doivent pas être tentés par les questions politiques…

Cela étant, concernant l’exode des gens du Sud dont vous parliez : comme vous le savez, les populations du Sud comme celles de presque toutes les autres régions, vivent surtout de l’agriculture et de l’élevage. Or, le Sud est plus ou moins une zone aride où l’eau fait cruellement défaut à longueur d’année. Aussi, afin qu’ils puissent continuer leurs activités de subsistance, ces gens se trouvent dans le besoin  de chercher de terres plus cultivables et où l’eau se trouve en abondance pour nourrir également leur bétail. Mais le pouvoir a déjà pensé à une solution pour atténuer le problème, en y installant des infrastructures comme ce centre de réhabilitation qui a été inauguré récemment par le gouvernement. Par la même occasion, une campagne de reboisement sera lancée afin d’exhorter et sensibiliser les populations. A cet égard, je suggère qu’on installe aussi des brise-vents le long des côtes.

Pour conclure, je dirai que le problème du kere ne date pas d’aujourd’hui. Mais s’il n’a pas été résolu jusqu’ici, c’est qu’on n’a pas pensé à des solutions durables. Actuellement, la situation commence à changer dans le Sud. Mais pas seulement dans le Sud car, comme je l’ai dit tout à l’heure, les choses bougent et changent dans toutes les régions du pays. Et c’est ce pouvoir qui l’a fait…

Recueillis par

Miadana A.

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