Se sentant indésirable depuis qu’il a été mis en cause devant la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) par son président, le vice-président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), Thierry Manantsoa Rakotonarivo a préféré prendre les devants en démissionnant de son poste. Et ce, sans non plus attendre la suite de la procédure de la poursuite dont il a fait l’objet devant la HCC.
Ainsi, Thierry Rakotonarivo a déposé sa démission hier 11 mars, laquelle a été aussitôt avalisée par le Bureau permanent de la Ceni qui demande à la Cour de constater la vacance de poste au sein dudit Bureau de la Ceni, et à la présidente de l’Assemblée nationale de faire procéder à la désignation du remplaçant (ou successeur) de l’intéressé. En effet, Thierry Rakotonarivo a été désigné au titre de représentant de l’Assemblée nationale au sein de la Ceni, et il revient aux députés de choisir leur nouveau « poulain » au sein de la Commission.
Ce qu’il faut dire est que cette démission de Thierry Rakotonarivo risque de faire tache d’huile. Non pas que tous les autres membres du Bureau permanent de la Ceni vont aussi démissionner, mais ils risquent d’être démissionnés… d’office en raison des vives critiques et autres médisances qui ont secoué cet organisme durant ces derniers temps. Les chefs politiques de l’opposition qui s’est regroupée au sein du « Rodoben’ny Mpanohitra ho an’ny Demokrasia eto Madagasikara » (RMDM), n’ont cessé de revendiquer la dissolution de l’actuelle Ceni au motif que celle-ci n’a pas tenu compte de toutes les malversations et/ou fraudes qu’ils ont relevées durant les dernières élections qui ont été tenues dans le pays. L’existence des nombreux doublons (CIN identiques) dans les listes électorales serait parmi ces irrégularités auxquelles le RMDM s’en tient fermement dans ses dénonciations.
La Ceni elle-même ne consteste pas la réalité de ces doublons mais précise que ceux-ci ont déjà existé bien avant l’organisation des dernières élections dans le pays. Beaucoup de rapports et compte-rendus de ces doublons ont été rédigés et remis aux différentes instances concernées dont, entre autres et particulièrement, aux partenaires techniques et financiers de la Ceni sinon donc de l’Etat aussi, mais aucune suite n’y a été donnée. Les derniers rapports concernant ces numéros identiques de carte nationale d’identité dans les listes électorales ont été effectués en 2018, mais personne ne semble y avoir prêté la moindre attention. La Ceni souligne que 94,09% de ces numéros identiques de CIN ont été recensés avant 2018… et qu’elle ne saurait donc en être tenue responsable.
Mais si ce serait alors vraiment le cas, pourquoi cet acharnement contre Thierry Rakotonarivo ? Car, on croit savoir que celui-ci, en évoquant l’existence de ces mêmes numéros avait plus ou moins fait les mêmes remarques sur la question.
Maintenant et en attendant la suite, la balle est dans le camp de la HCC et de l’Assemblée nationale. Mais la grande question est de savoir : par rapport à tout ce qui se dit et qui court actuellement, verra-t-on seulement le remplacement de Thierry Rakotonarivo ou de toute l’équipe du Bureau permanent de la Ceni ?

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