Mon Dieu, éradiquez notre pauvreté

La pauvreté réelle tend à s’étendre à travers le territoire, mais on fait semblant de ne pas l’affronter. C’est vrai qu’on peut faire quelque chose pour quelques moments de liesse à l’exemple d’Antaninarenina où la population s’émerveillait devant les lumières sans aucun délestage et durant des nuits de la Nativité.

Ah ! si tous les jours étaient Noël et si tous les quartiers de Madagascar étaient comme Antaninarenina, c’était autre chose. Les populations éloignées n’ont rien connu de ces jeux de lumière et autres lampions électriques qui illuminent les soirées. Pour eux, ce sont des bougies traditionnelles, du « jabora » qui dure quelques minutes pour terminer une soirée avant de prendre le lit, et attendre la venue des « malaso ». Car il n’y a pas de Noël, ce sont des gens qui gardent vigoureusement leurs troupeaux jusqu’au matin. Leur mets ? N’en parlons pas ! Il n’y a pas de menu « spécial Nativité » comme les bûches de Noël, champagne ou les dindes à Antaninarenina.

A quand la pauvreté sera-t-elle vraiment discutée pour de vrai ? Depuis plus de 60 ans, on ne parle que de cela, mais rien n’a apporté changé, malgré les aides, les dons et les soutiens qui émanaient de toutes parts. On comprend maintenant que rien n’a été fait sauf à Antaninarenina avec les jolies lumières de Noël. Notre Tsimidretsy ou notre Beraketa ont eu leur part de lumière durant ces fêtes ? Ne rêvons pas. C’est fait pour Antaninarenina et ses environs. Pas même à Antsahakely. Ce système radical ne fonctionne pas pour un pays démocratique. Mais sommes-nous encore démocratique ? Oui, une démocratie élargie qui tend  vers la dictature. On exécute ce que le souverain ordonne et le peuple est content. Basta !

Mais, en réalité, nous ne sommes pas pauvres, nous dirigeons mal notre pays avec ses ressources minières importantes et son tourisme inégalable. Mais c’est une question de volonté politique dont nous avons perdu l’importance durant les premières années d’indépendance. Nous étions soumis à la pression des puissances étrangères  de tous acabits, dont la France, les Etats-Unis, l’ex-Union soviétique, la Chine, l’Allemagne, et même la Corée… Vous vous souvenez du Djoutché ? A quoi ça a servi pour la population? Les dirigeants ont eu Iavoloha en échange.

Ne pensez pas que les dirigeants vont s’occuper de la population pour une vie meilleure en matière d’eau potable, d’électricité, logement décent, santé, éducation, emplois, retraites…. En partie seulement, pour dire qu’ils ont déjà fait quelque chose. Ils n’ont pas honte de diriger un pays qui est en queue de peloton dans le monde. C’est une fierté !

En ces fêtes de fin d’année et du Nouvel An, priez pour que nous restions encore en vie, pour que nous mangions encore quelque chose pour ne pas mourir, pour que nos enfants aillent encore à l’école pour apprendre le BA BA de la corruption. Priez pour éradiquer la pauvreté, qui n’est qu’un faux problème car le pays est riche.

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