Trois jours durant, les ruées régionales, en période de confinement, ont envahi les stationnements de taxi-brousse de la capitale. Ces évènements ont fait couler beaucoup d’encre par crainte de contamination du Coronavirus. Enfin, Tana, suite à l’annonce du Grand Dirigeant, a pu effectuer un exode des populations vers leurs régions d’origine. Il y avait une foule énorme, dont le mètre d’espacement n’a pas été respecté. Certes, l’engouement de pouvoir rentrer chez soi était de mise durant ces journées intenses, mettant de côté le cas contact malgré les précautions annoncées par les autorités sanitaires.
L’exode, ou le déplacement en masse de nombreuses personnes, dû à la pandémie est volontaire. C’est mieux d’être chez soi, de manger aux côtés des siens que de vivre loin de sa région d’origine. Cette pratique se fait partout dans le monde. Les populations, paniquées, quittent la capitale pour mieux se protéger du virus mortel, loin dans leurs villages. Et pour eux, vaut mieux se confiner près de la famille qu’ailleurs. Dans cette optique, l’exode peut être une bonne chose.
Il est tout à fait évident que des vols supplémentaires aériens ont été organisés pour les familles étrangères et les malgaches « vazaha taratasy » qui étaient restés à Madagascar. Et d’autres vols pour le sens contraire, pour ceux qui sont rentrés au pays. Quelques-uns ont été les premiers contaminés par le coronavirus. C’est tout à fait normal, au moment où la contagion faisait rage en Europe.
Mais cet exode peut aussi transmettre le virus dans les régions. Qui a dit que toutes les personnes au départ des stationnements de taxi-brousse étaient clean ? C’est difficile d’y croire avec toutes les pagailles inimaginables, les contrôles de température, la recherche des places disponibles, les cas contacts… Arrivées à destination, des personnes seraient mises en quarantaine. D’autres vont contaminer par cas contact. On imagine mal la situation. Qui sait que des touristes étrangers ont déjà propagé le virus avant leurs arrivées…
Le plus grave est de savoir si ces contrées lointaines possèdent les matériels sanitaires nécessaires pour traiter et guérir le virus. Ce qui n’est pas évident. Une députée élue de Farafangana déplore sur les réseaux sociaux le manque d’hôpitaux pour accueillir les migrants dans sa région. Par contre l’Etat a déjà distribué dans les villes les Tests de diagnostics rapides et des médicaments.
L’exode coïncide aussi avec les fêtes pascales. C’est une occasion de quitter Antananarivo pour d’autres lieux, vers les résidences secondaires, par exemple. Mais, attention ! Le virus peut être partout et ne choisit pas ses victimes. L’exode est-il une fuite au confinement ou une autre forme de contamination ? Matière à réflexion !
Joyeuses Pâques en confinement !

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