L’Etat malgache a déclaré depuis plus d’un mois l’Etat d’urgence sanitaire. Des mesures drastiques qui semblent plus avoir été prises pour installer le dictat auprès de la population malgache plutôt qu’à la gestion de la crise en elle-même.
En effet, les voyants ont viré en rouge depuis que l’Etat a procédé à des arrestations des internautes ainsi que l’incarcération de la journaliste Arphine Rahelisoa, bien que le ministère de la Communication réfute le fait que son incarcération ait une relation avec sa fonction de journaliste. Pire, l’Etat a même usé de ses outils dans la lutte contre la cybercriminalité pour trouver une personne qui aurait envoyé un message privé audio en évoquant le sujet du coronavirus. Cette jeune femme qui est animatrice dans une chaîne de média a également été appréhendée par la Police. L’Etat semble avoir mis un point d’honneur à surveiller les échanges sur les réseaux sociaux à l’affut des publications qui ne sont pas au goût du Gouvernement. Pire, un haut responsable auprès du Gouvernement Rajoelina a spécifié que les droits tels que la liberté d’expression n’a plus lieu d’être en période d’état d’urgence sanitaire.
Le droit à l’expression n’est pas le seul droit que la population a perdu. Le droit de disposer de son corps comme on veut, semble être déjà de l’histoire ancienne. En effet, depuis que le Gouvernement malgache a annoncé la découverte du fameux remède, les enfants en classe d’examen ont été contraints de prendre cette mixture. Dans certains établissements scolaires, c’est même devenu la condition sine qua none pour revenir sur les bancs de l’école. Le médicament étant nouveau dans le marché et ses effets secondaires étant jusque-là inconnus vu que l’essai clinique n’a pas encore été effectué, il est tout à fait normal que les parents hésitent à en donner à leurs enfants. Actuellement, les parents qui refusent de donner du Covid-Organics à leurs enfants doivent signer une décharge. Le monde à l’envers car en temps normal, ce sont les parents qui permettent à leurs enfants de faire l’objet d’un essai clinique qui doivent signer des décharges. Pire, chaque personne qui s’exprime à l’encontre du fameux remède se verra traitée d’antipatriote alors que le débat a toujours été un outil important pour le développement de l’esprit.
L’histoire se souviendra de cette période et on espère que le Gouvernement Rajoelina se rappellera du syndrome de sauveur dont ils font preuve et se rappeler que la crise coronavirus n’était pas une concession de la population malgache pour qu’on piétine délibérément ses droits.

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