En cette journée de la célébration de la lutte populaire de mai 1972, nos pensées vont à tous ceux qui ont disparu et souffert durant ces journées noires, mais historiques pour Madagascar. À ceux qui ont été emprisonnés au bagne de Nosy Lava, ou à la prison d’Arivonimamo. À ceux qui sont les premières victimes, dont l’élève Modeste d’Ambalavao. À tous les compagnons de lutte pour retrouver la vraie indépendance du pays face au néocolonialisme français. En 2002, pour la commémoration des 30 années de « Hetsika 13 Mey 72 », on ignorait encore qui vont partir et qui vont rester pour les 50 ans. Malheureusement, Olala, initiateur du mouvement nous a quittés. Il y avait aussi Dany Be, le journaliste-photographe qui a rendu vivant les péripéties devant la Mairie de la Capitale, puis Théodore Ranjivason, l’universitaire et politicien, et bien d’autres.
Les grandes idées pour le développement sont encore là, la plupart intactes et intouchables, car la politique malgache n’a pas voulu suivre le changement. Les gens du pouvoir qui se sont succédés n’ont pas tenu force face à l’emprise de la France-Afrique. Et c’est le résultat de la situation actuelle, la pauvreté extrême et la décadence de nos richesses. « Le Peuple a le droit de savoir et de connaître l’Histoire de Mai 72, et aussi de prendre part aux grandes décisions étatiques pour le développement » selon Ranjivason. Les points les plus importants ont été cités, entre autres, l’indépendance monétaire, les échanges commerciaux inégaux, l’emprise étrangère de l’économie nationale, l’acculturation exagérée, et l’écart de salaires entre nationaux et étrangers ayant les mêmes diplômes, et l’emprise des étrangers sur la sécurité militaire.
Dans tout ce programme de rénovation, la malgachisation voudrait bien reconnaître les investissements étrangers mais les nationaux devraient les diriger sur tous les points afin de voir l’équilibre sur les avantages. Les besoins de tous les malgaches, ruraux et urbains sont les prioritaires dans la politique de développement mais pas pour les riches et les minorités.
Tous les points exigent une unité d’ensemble pour aboutir aux objectifs. Chose que les politiciens actuels ont oublié et même effacé de leur programme. C’est pourquoi le « Hetsika 13 Mey 72 » rappelle tous les ans pour qu’on n’oublie pas. On se demande pourquoi le Grand dirigeant n’a pas eu chaud sur cette célébration et a laissé l’initiative à la FES ? Les allemands prennent en main un évènement d’envergure nationale. Une honte ! Heureusement que « Hetsika Mey 72 », soutenu par le Président de la République en Mai 2002, sait prendre ses distances. Quoi qu’il en soit, « Bonne célébration à tous et à toutes les Soixantedouzards ! »


