Dans son intervention de dimanche, le président de la République a annoncé la mise en place d’un véritable « Plan Marshall » qui concernera tous les districts sans exception. Ainsi, ce plan qui sera inscrit dans la Loi de finances rectificative (LFR) disposera d’un montant substantiel de 1 043 milliards ariary.
Ce fonds sera exclusivement affecté à des travaux de construction (et éventuellement de réhabilitation), entre autres, d’universités, de bureaux administratifs, d’hôpitaux, de routes… Bien évidemment, c’est le secteur de la construction et du BTP qui en sera le principal bénéficiaire.
C’est un plan très ambitieux et qui devrait apporter un véritable boom dans le pays tout entier où tous les districts en bénéficieront. D’autant plus que si les travaux porteront exactement sur ce que les populations ont véritablement besoin, on ne voit pas pourquoi ces travaux d’infrastructure n’apporteront pas le développement recherché.
Toutefois, on peut se poser deux questions sur ce plan. Primo, avec un plan aussi ambitieux, comment peut-on limiter le taux de croissance à un niveau aussi fable que 0,8% ? Certes, ce seront a priori des investissements improductifs, mais toujours est-il qu’il faut considérer les effets d’enchaînement qu’ils produiront.
Secundo, on peut également se demander pourquoi avoir spécifiquement choisi ce secteur ? On peut avoir deux réponses. Tout d’abord, le président a délibérément choisi ce secteur afin de concrétiser les promesses faites pendant la dernière campagne présidentielle.
Ensuite, l’homme fort de l’Etat s’en tient certainement toujours à la vieille formule selon : « Quand le bâtiment va, tout va ». On n’a qu’à espérer que cette formule tient toujours.


