TRANSITION ÉNERGÉTIQUE : Une stratégie régionale est-elle possible ?

La réunion de validation des ministres en charge de l’énergie concernant le projet de stratégie régionale sur la transition énergétique  des Etats membres de la COI s’est déroulée ce jeudi 24 octobre à l’hôtel Colbert, Antananarivo, Madagascar, réunion qui a été précédée du 7ème Comité de pilotage du Programme UE-COI ENERGIES.

L’initiative de ce projet vient certainement du fait que tous les pays membres de la COI sont fortement  dépendants des combustibles fossiles importées, quasiment en totalité. Et cela a de graves répercussions sur le coût de l’énergie (en particulier l’électricité) au niveau des entreprises et des ménages, la balance de paiement et le budget de l’Etat.

Par ailleurs, la combustion des énergies fossiles est certes reconnue comme le principal responsable du changement climatique.  Mais la contribution des pays membres de la COI à l’avènement de ce phénomène néfaste est bien négligeable si l’on compare leurs consommations à celles des pays industrialisés, quoique en conséquence, ces pays en ressentent  l’impact.

Quant à la définition d’une stratégie régionale sur la transition énergétique, il faut reconnaître que les pays membres de la COI ont des secteurs d’énergie différents les uns des autres. Et de plus, les sources d’énergie possibles pour réaliser une transition énergétique ne sont pas identiques.

Si l’exploitation des marées est commune à tous ces pays, pour le cas de Madagascar, l’énergie éolienne, l’énergie solaire et principalement l’énergie hydroélectrique en particulier peuvent être développés. On peut même ajouter l’énergie nucléaire dans la mesure où des gisements d’uranium existent dans le pays.

Et spécificité particulière de la région, elle est constituée uniquement de nombreuses îles. Ce qui rend impossible le transport d’électricité produite dans l’un des pays vers un autre. Ce qui aurait possible en cas d’existence de frontière terrestre.

Autrement dit, toute stratégie régionale portant sur la production d’électricité ne peut consister essentiellement qu’à  des échanges d’expériences et de rencontres avec les fournisseurs d’électricité ainsi que les investisseurs potentiels dans le secteur de l’énergie de chaque pays. En conséquence, on ne peut pas vraiment parler d’une stratégie régionale dans le sens propre du terme.

Madagascar se doit adopter d’une stratégie énergétique qui lui est propre. Et l’huile lourde de Tsimiroro ainsi que le charbon de la Sakoa doivent être rentabilisées en attendant le passage effectif à une transition énergétique.

Ranaivo Lala Honoré

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