Le régime en place s’active à construire une ville nouvelle à Ambohitrimanjaka et de nombreux buildings à Ivato. Or, dans la capitale même, il existe de nombreux logements vacants, des locaux inhabités qui devraient lui permettre de faire face au mal-logement. Et l’Etat devrait prendre des décisions sur ces immeubles qui tombent en ruines au fil des ans et qui, non seulement risquent de provoquer des incidents mais aussi défigurent complètement la Ville des Milles.
Tel est le cas de ce grand immeuble qui se trouve à Andohan’Analakely juste à la sortie du tunnel menant vers Analakely et où des milliers de personnes passent chaque jour. L’Etat est bien conscient qu’il défigure complètement tout le quartier et cela depuis des décennies. Autrement, il se serait pas donné la peine d’apporter quelques coups de pinceaux à cet immeuble afin de lui donner un semblant de renouveau et cela, juste pour sauver la face à l’occasion de la dernière visite du Pape.
Ce n’est pas un cas isolé. Même sur l’Avenue de l’Indépendance, certains des bâtiments sont inoccupés et tombent en ruines. Cela ne concerne pas aussi uniquement les particuliers mais également les propriétaires institutionnels et les entreprises. La question se pose quant à savoir qu’est-ce qui a poussé leurs propriétaires à garder leur logement vide ? L’une des principales raisons est que leurs propriétaires n’ont pas les moyens financiers suffisants pour les réhabiliter.
Autre motif assez fréquent: Les héritiers ne tombent pas d’accord sur l’héritage. A Madagascar, bien souvent, on dénombre beaucoup d’héritiers pour un seul bien. Et suite à l’absence d’un consensus, le bien immobilier est délaissé et se dégrade progressivement. Par ailleurs, le non-paiement des loyers constitue une crainte pour les propriétaires qui préfèrent ne pas louer leurs biens.
Et si l’Etat doit intervenir, il ne serait pas bien vu d’appliquer des mesures coercitives telle que la réquisition. On ne peut pas fouler des pieds le sacro-saint principe de la propriété privée. Par contre, l’État ne peut pas rester les bras croiser et laisser la situation pourrir. La solution préalable serait de recenser les logements laissés vacants et voir les possibilités d’aider les propriétaires pour les inciter à les louer par la suite.
Beaucoup de mesures d’accompagnement peuvent être mises en place par le gouvernement : accès à un crédit spécifique à taux favorable pour aider les propriétaires à réhabiliter leurs biens, défiscalisation assez conséquente de la propriété immobilière et de la taxe d’habitation…


