INDUSTRIALISATION DE MADAGASCAR : Tout commence par la protection des industries qui existent

L’industrialisation de Madagascar est un passage obligé si l’on veut vraiment développer le pays. C’est donc une priorité car toute vision de développement doit prendre en compte l’industrialisation. Mais aucune véritable volonté politique dans ce sens n’a jamais été prise par les tenants du pouvoir qui se sont succédé.

Madagascar ne pourra véritablement se développer sans développer son tissu industriel. Et c’est là que le bât blesse : même les industries qui existent déjà se trouvent dans une situation de précarité permanente pour diverses raisons qui sont pourtant évitables : concurrence déloyale des produits importés qui n’ont pourtant pas des qualités supérieures à ceux fabriqués sur place, régime fiscal plus que contraignant… Mais les industries locales existantes ont toujours été laissées  à leur triste sort alors qu’il est très bien possible de les défendre en leur donnant un cadre de production bien plus favorable pour protéger le marché intérieur tout en respectant les règles du commerce international ainsi que les engagements pris.

Certes, Marc Ravalomanana, quand il était au pouvoir, avait pris l’initiative de protéger certains secteurs de l’industrie. Seulement, il faut l’avouer que c’était dans le seul intérêt des produits de ses usines qui étaient menacés par les produits importés concurrents (en particulier les produits  laitiers…). Evidemment, ce n’est pas de cette manière qu’on favorisera  l’industrialisation de Madagascar.

Actuellement, le pouvoir en place vient de prendre certaines mesures qui sont susceptibles de favoriser ce développement industriel. Pour le moment, trois produits sont concernés : le savon, l’huile alimentaire, plus précisément la margarine et les couvertures. Ainsi, le savon importé  est dorénavant taxé de 34 %. Cette protection a toujours été revendiquée par les industriels du secteur, en particulier, la Savonnerie tropicale.

Mais cela sera-t-il suffisant pour protéger les industries locales qui fabriquent du savon ou bien s’agit-il d’une simple gesticulation destinée à conquérir les industriels malgaches en leur montrant qu’on a fait un geste, aussi minime soit-il ?

Par ailleurs, ce ne sont pas les seuls produits qu’il faut protéger. Bien d’autres existent et méritent de l’être. Parmi ceux-ci figurent les pâtes alimentaires de fabrication locale qui sont aujourd’hui confrontées  aux importations massives de produits analogues venant essentiellement de l’Asie. D’autant plus que les Malgaches en consomment beaucoup actuellement. Et il est plus facile de contrôler la qualité des produits fabriqués sur place. Pour accompagner ces mesures, au niveau des consommateurs, il importe également de changer certains de leurs comportements pour les amener à consommer les produits du pays.

Ranaivo Lala Honoré

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