L’industrialisation de Madagascar est incontournable si l’on veut vraiment développer le pays. Mais, pour que cette industrialisation soit bien réaliste, il faut considérer d’autres priorités.
Madagascar est un pays à vocation agricole, d’aucuns l’ignorent, et les potentiels ne manquent pas. Et qu’on le veuille ou non, le développement de l’agriculture est l’étape incontournable avant le développement de l’agro-industrie puis de l’ensemble du secteur industriel et, par la suite, du commerce et des services. Et c’est là que le bât blesse : Aujourd’hui, ce sont le commerce et les services qui enregistrent le développement le plus sensible et le plus rapide.
Développer à priori l’agriculture vise avant tout, ni plus ni moins, à toucher la plus grande partie de la population : plus de 75% de la population malgache vivant en milieu rural. Et il est tout à fait légitime que ce monde rural soit la première priorité de toute politique de développement.
Le développement de l’agriculture passe également avant tout autre secteur dans la mesure où c’est elle qui va fournir les matières premières nécessaires pour que cette industrie tourne et particulièrement l’agro-industrie. Ce n’est pas avec les performances de la production agricole actuelle marquée par un faible rendement et une qualité laissant à désirer que l’on va pouvoir développer l’agro-industrie.
Mais un problème subsiste quant au développement de l’agriculture. En effet, le développement économique de Madagascar est depuis toujours remis en cause par des groupes d’intérêts qui mettent tout en œuvre pour que, par exemple, l’essor des campagnes ne se réalise pas malgré la multitude de projets à vocation agricole financés par les partenaires techniques et financiers.
C’est l’exemple, entre autres, de la filière riz qui a déjà bénéficié d’énormes investissements depuis des décennies sans que l’on ait pu atteindre l’autosuffisance en riz. Que deviendrait la juteuse filière d’importation de riz si les Malgaches venaient à redevenir autosuffisants sur le plan alimentaire ? Le comble est atteint lorsqu’on sait qu’à Madagascar, tout pousse mais pourtant, le pays connaît l’un des plus forts taux de malnutrition infantile au monde.
Ranaivo Lala Honoré

Pour mieux vous servir, l’AMP travaillera dans le respect de tout un chacun, dans la réalité des actualités et de ce qui nous entoure. L’objectivité sera notre mot d’ordre.

