TRAVAIL DES ENFANTS : La région Nord considérée zone rouge

La célébration de la journée de lutte contre le travail des enfants, tous les 12 juin chaque année, est une occasion pour interpeller tout un chacun sur la situation alarmante en ce qui concerne ce phénomène.

Pour le moment, le travail des enfants dans la filière vanille dans la région Sava occupe une place importante dans le cadre du non respect des droits des enfants. Les données émanant du bulletin d’information sur la violence et les blessures des enfants à Madagascar, publié par le ministère de la Santé publique avec l’appui de l’Unicef en décembre 2018,notent que les régions du Nord et de l’Est sont considérées comme zones rouges avec un  taux élevé pour les accidents de travail d’enfant. Si le taux d’incidence national des accidents de travail d’enfant est estimé à 13 cas pour 100.000 enfants durant les six premiers mois de 2018, dans la région Sava,ce taux atteint 51 cas pour 100.000 enfants, soit 3,5 fois plus élevé que la moyenne nationale.

Toujours dans la catégorie de régions à taux élevé, viennent ensuite Analanjirofo(36 cas), Sofia (20 cas) et Atsinanana (17 cas). Dans les régions Menabe, Boeny, Diana et Vakinankaratra, le taux d’incidence est considéré comme relativement élevé.

A la filière vanille s’ajoute le travail des enfants dans la casse de pierres. L’étude du BIT, de l’UNICEF et de l’INSTAT a révélé qu’environ 1,8 millions d’enfants âgés de cinq à 17 ans sont obligés de travailler, et la plupart exercent des métiers dangereux, malgré le fait que le travail des enfants est contraire au droit international et malgache. Plusieurs enfants travaillent comme ouvriers journaliers dans l’industrie de la pêche, dans les carrières ou comme domestiques, et la plupart sont obligés d’abandonner l’école, sans même recevoir l’enseignement primaire de base.

Risques de santé

En dehors de la privation des enfants de leur droit à l’éducation, le travail des enfants comporte de grands risques de santé. Selon l’étude, 37 pour cent des enfants travailleurs ont déclaré que leurs activités leur ont causé de tort. Beaucoup ont souligné qu’ils tombent malades ou se blessent, notamment ceux qui exercent des tâches physiques dans le secteur des mines, de la transformation et de l’agriculture, qui sont les plus vulnérables.

Une campagne nationale de lutte contre le travail des enfants, lancée il y a quatre ans par le BIT, n’a connu que peu de succès, en dépit du fait qu’il a bénéficié du soutien du gouvernement. La campagne a permis de sauver des milliers d’enfants dans le domaine du travail, mais beaucoup ont encore besoin d’aide et exercent des métiers à cause de la pauvreté.

Bien que Madagascar ait signé et ratifié la Convention internationale du BIT sur l’âge minimum pour le travail en 2000 et ait voté une loi nationale en 2007, qui interdit que les enfants de moins de 15 ans exercent toute sorte de métier, personne n’a été arrêtée ou poursuivie pour le travail des enfants dans le pays. Les experts estiment que la loi est inutile, puisque la lutte pour la survie continuera par prendre le pas sur l’envoi des enfants à l’école.

Formation professionnelle

Avec l’appui financier du Département Américain du Travail (USDOL) et l’OIT, la Région SAVA œuvre pour un meilleur avenir de ses enfants par la formation professionnelle à travers le projet SAVABE implanté à Sambava en 2018.  En travaillant de concert avec les mandants tripartites et les acteurs de la filière vanille, le projet consiste à éliminer le travail des enfants dans la filière vanille dans la région SAVA.

140 jeunes de 14 à 17 ans victimes ou à hauts risques du travail des enfants sont formés pendant six mois depuis le mois d’avril de cette année dans deux centres de formation professionnelle, dont un dans l’enceinte de la prison d’Antalaha et un à Vohémar. Ils sont divisés en trois filières : la culture maraîchère, la maçonnerie et la menuiserie bois.
Le fait de lutter contre le travail des enfants se conjugue avec l’amélioration des moyens de subsistance des parents nécessiteux. Plus de 9.000 ménages producteurs de vanille bénéficient actuellement de l’appui du projet dans le cadre de formation sur les bonnes pratiques agricoles et en éducation financière. Le résultat à long terme du projet étant que les ménages bénéficiaires ne s’adonnent plus au travail des enfants pour compléter leur revenu.

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