Selon le dernier classement de Doing Business de la Banque Mondiale, Madagascar se positionnerait à la 161 ème place sur 190 pays, autrement dit parmi les derniers de la classe.
Ce classement qui, globalement, mesure le niveau de facilitationdes affaires dans chaque pays, montre à quel point il est difficile d’investir à Madagascar, du point de vue de cette institution financière internationale.Il va sans dire qu’un meilleur classement permettrait d’espérer qu’investir à Madagascar intéresserait beaucoup plus les détenteurs de capitaux étrangers. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Beaucoup d’autres pays sont plus attrayants en matière d’investissement.
Bien trop de facteurs négatifs contribuent au blocage des velléités d’investir à Madagascar : infrastructures insuffisantes et désuètes, difficulté d’approvisionnement en énergie… Mais le plus dissuasif est certainement la corruption généralisée et en particulier en matière de justice.
Dans ces conditions,il est encore illusoire de s’attendre à une arrivée massive d’investisseurs étrangers, qui est pourtant aujourd’hui d’actualité si on cherche vraiment à réaliser l’émergence du pays. Les rares nouveaux investisseurs qui s’installeront seront motivés par un rapide retour sur investissement, autrement dit, des investisseurs qui ne cherchent qu’à réaliser le plus de profit dans un délai le plus court, c’est-à-dire, des investisseurs qui ne se préoccupent nullement du développement du pays.
Pourtant, ce ne sont pas les flux financiers sortant de Madagascar qui font défaut. Mais dans leur grande partie, ces flux financiers sont illicites. On avance que ces flux représentent bien plus que la somme des aides accordées par les bailleurs de fonds traditionnels. Aussi, il n’est pas étonnant qu’on ait récemment lu dans un journal de la place qu’entre 2009 et 2014, le trafic de bois de rose, bien évidemment perpétré par des nationaux, s’est élevé à une somme inimaginable de prèsde 5 milliards de dollars.
Mais la question qui se pose est : où sont placés aujourd’hui tous ces capitaux? Bien évidemment, une partie a été utilisée pour financer la campagne électorale de quelques candidats lors des dernières présidentielles. Maiscelane représente que la partie visible de l’iceberg. Autrement dit, la grande partie n’a pas été réinjectée directement dans des projets productifs sur place alors que tous les voyants sociaux et économiques du pays sont au rouge.Si ces capitaux ont été investis sur place, la situation économique du pays ne serait pas telle qu’elle est aujourd’hui.
Dansces conditions,comment espérer attirer des investisseurs internationaux quand bien même les investisseurs nationaux potentiels ne font pas confiance à leurpays en y investissant directement au lieu de placer leurs capitaux dans des paradis fiscaux que l’on connait bien.

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