TOXI-INFECTIONS ALIMENTAIRES : Le nombre des cas en croissance en trois ans

De 2016 à la fin du mois de novembre de cette année, les toxi-infections alimentaires collectives (Tiac) et les intoxications par consommation d’animaux marins (Icam) croissent de manière considérable. Cette croissance de ces maladies d’origine alimentaire se chiffre à 398 cas à 1.025 en trois ans bien qu’une baisse significative de 273 cas soit observée en 2018. Une situation qui dégrade la sécurité sanitaire des denrées alimentaires non seulement dans la capitale mais dans toute l’île, méritant une réflexion de vigilance surtout en cette période des fêtes pendant laquelle la consommation augmente.

De ces cas, à cet effet, les incidences des Tiac évoluent respectivement, pour une population de plus de 25 millions d’habitants, de 1,56 pour 100.000 habitants à 4 pour 100.000 habitants. Il y a trois jours de cela, une soixantaine de personnes dont des enfants d’une école catholique à Andravoahangy ont été victimes d’intoxication alimentaire en consommant des « mofo sakay » alors que la sécurité d’hygiène n’est pas du tout assurée. Pour dire que plusieurs denrées alimentaires périmées, endommagées, contaminées et étalées sur les lieux et points de vente, sans respect des bonnes pratiques d’hygiène et de qualité, sont commercialisées sur le marché local actuellement. En outre, le nombre d’établissements alimentaires comme les gargotes, les cantines, les snacks, le Hotely gasy, les bouffes mobiles, les bars, les épiceries, les traiteurs et autres, tous des secteurs informels, prolifèrent considérablement ces derniers temps.

Les gargotes se prolifèrent dans la Capitale

Or l’éducation, la communication et la sensibilisation en matière de bonne pratique d’hygiène alimentaire et de sécurité des denrées alimentaires ne couvrent pas la totalité de la population cible et des établissements alimentaires du secteur informel. De ces faits, l’augmentation des incidences d’intoxication alimentaire ne cesse d’avoir de l’ampleur. Les intoxications alimentaires se présentent actuellement comme un problème de santé publique. L’analyse montre que la recrudescence des TIA provient de la dégradation de la sécurité sanitaire des denrées alimentaires à Madagascar, entraînant des effets néfastes sur la situation socio-économique de la population et ralentissant le développement durable de Madagascar. A ces problèmes s’ajoutent l’insuffisance de l’accès de la population à des denrées alimentaires saines, sûres et nutritionnelles, la faiblesse du système national de contrôle officiel des denrées alimentaires, et la défaillance des interventions multisectorielles en faveur de la sécurité sanitaire des denrées alimentaires.

C’est la raison pour laquelle un plan stratégique national sur la sécurité sanitaire des denrées alimentaires a été élaboré et validé ce jour pour une application immédiate dans le but de réduire l’incidence en Tiac et en Icam à 1 pour 100.000 habitants en 2024. Et ce, en vue d’améliorer la sécurité sanitaire des denrées alimentaires à Madagascar, de protéger la santé publique et de contribuer au développement socio-économique du pays. Le coût du financement du présent plan est estimé à plus de 2,5 millions de dollars, soit plus de 9,5 milliards d’ariary. Le budget prévisionnel maximal pour sa mise en œuvre se chiffre à plus de 11,6 millions de dollars, soit environ 45 milliards d’ariary. Ainsi, 0,54 dollar investi par chaque personne active permet de bénéficier d’au moins 10 dollars sur le plan socio-économique et financier dans le cadre de cet investissement.

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