La nomination du nouveau directeur général de la Jirama a surpris tous les observateurs. Et tous les réseaux sociaux s’en sont donnés à cœur joie. Effectivement, ce nouveau directeur général de la compagnie nationale d’eau et d’électricité n’est autre que Vonjy Andriamanga, ancien ministre de l’Energie, de l’Eau et des hydrocarbures qui fut remercié le 30 octobre dernier.
Le gouvernement aurait été plus avisé en fournissant un minimum d’informations expliquant les tenants et les aboutissants d’un tel tour de passe-passe afin de ne pas susciter les nombreux commentaires. D’autant plus que, pour le moment, le gouvernement a tout intérêt à éviter toute nouvelle polémique dans la mesure où l’un de ses membres se trouve aujourd’hui sur la sellette, à savoir le ministre de l’Enseignement Supérieur.
Dans le cadre du processus de recrutement du directeur général de la Jirama, Vonjy Andriamanga avait déclaré lui-même (il était encore ministre à ce moment-là) que la nomination du nouveau directeur général ne serait pas politique. Mais d’aucuns ignorent qu’il fait partie de l’équipe de l’IEM. Et pour cette raison, les observateurs ne manqueront justement pas de considérer qu’une telle « réaffectation » ne peut qu’être politique.
Quelles que soient les compétences ou expertises dont il peut faire preuve, son limogeage du poste de ministre est toujours considéré comme une sanction car il est replacé à un poste, élevé certes, mais toujours sous la tutelle du ministère qu’il a dirigé et d’où il a été délogé. A moins, bien évidemment, que sachant qu’il était assis sur un siège éjectable, il s’était déjà préparé une porte de sortie.
Autre conséquence possible de ce tour de passe-passe, on peut s’attendre à que les nombreux directeurs limogés tout dernièrement au sein de la Jirama, après son limogeage du ministère, reprennent leur place car ils feraient partie de son équipe.
Un ridicule « repêchage » ?
Des membres du conseil d’administration de la Jirama se sont aussi déclarés très surpris de cette nomination. Il se trouve en effet que Vonjy Andriamanga n’aurait pas été parmi les postulants qui ont passé des entretiens avec le conseil d’administration, en présence d’un représentant de la présidence et du cabinet canadien de recrutement SG Group.
Le conseil avait été chargé de proposer une liste de candidats au président de la République. Dans cette liste, deux noms, respectivement ceux d’Albert Ravelojaona et de Bruno Rabevahoaka, ont été suggérés pour le poste de directeur général de la Jirama. Pour le poste de directeur général adjoint, les candidatures retenues et proposées par le conseil sont celles de Fanja Rakotomanga, Minosoa Andriamahefa et Rivo Radanielina. Mais selon les indiscrétions les dés étaient jetés bien avant.
Voilà donc que, après avoir été remercié presque sans ménagement, Vonjy Andriamanga est « repêché » à la direction d’un organisme dont il avait déjà été en charge auparavant. Une aberration qui frise le ridicule, mais on dit aussi que… « le ridicule ne tue pas ».


