La ville d’Antananarivo a été classée parmi les sites les plus polluées à cause de la dégradation de son environnement et de la pollution atmosphérique qui pèse sur la santé des populations.
Ce n’est pas un hasard si la Journée mondiale de l’environnement de cette année a été placée sous le thème sur « La pollution de l’air et de la santé », vu que la situation demeure très préoccupante. Un sondage mené au début de cette année démontre que la pollution influence beaucoup sur la santé des personnes interrogées dans la capitale, un phénomène généré par la circulation, les fumées de cuisson de brique, les émanations industrielles des usines, la pollution des eaux, les insecticides et pesticides. Au final, ce sont 89% des Tananariviens interrogés qui pensent que la qualité de l’air se dégrade dans notre belle capitale. C’est beaucoup. 6% pensent ensuite qu’elle s’améliore et 4% jugent qu’elle est restée la même.
Il est aussi déplorable de constater que l’image de la ville d’Antananarivo est associée aux ordures. D’après le sondage, les ordures sont, pour les 68% des Tananariviens interrogés, la manifestation la plus flagrante de la pollution dans la ville. 74% des personnes enquêtées disent jeter leurs ordures ménagères dans les bacs volontairement tandis que 17% bénéficient d’un service de ramassage de déchets. S’y ajoutent la pollution issue de la circulation pour 24% des habitants de la capitale et la pollution de l’eau pour 3%. Pour 3 autres pour cent (3%), ce sont les fumées de cuisson de briques qui sont les plus représentatives de la pollution dans la ville, suivis par 2% qui considèrent que ce sont plutôt les émanations d’usine.
Sept millions de décès par an
Lors de la première conférence mondiale sur la pollution de l’air qui s’est tenue en novembre 2018 à Genève, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a lancé que la pollution de l’air était la cause d’environ 7 millions de décès par an dans le monde. Près de 1,8 milliard d’enfants de moins de 15 ans respireraient également de l’air pollué. C’est assez déroutant de s’avancer sur une telle fatalité, mais la plupart d’entre eux vont en mourir… Et chez les enfants de moins de 5 ans, près d’un décès sur 10 est dû à la pollution de l’air.
On n’est même pas à l’abri chez soi puisque la mauvaise qualité de l’air à l’intérieur des habitations est également une cause de mortalité selon l’OMS. En effet, la dangerosité de la pollution de l’air est liée au cumul de la pollution au niveau ambiant (à l’extérieur) et celle à l’intérieur des foyers.
La circulation à Antananarivo, constitue également une source inévitable de la pollution atmosphérique, toujours selon l’OMS. Ainsi, la Grande île est concernée de près par ce problème de la qualité de l’air car plus de neuf personnes sur dix respirent un air fortement pollué. Les Tananariviens en font partie et figurent parmi les populations les plus exposées aux polluants, dangereux pour la santé, notamment les particules fines dégagées par diverses sources, aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur des habitations. Ces particules pénètrent profondément dans les poumons, voire dans le système cardiovasculaire, causant des affections comme les accidents vasculaires cérébraux (AVC), les cardiopathies, les cancers du poumon, ou encore diverses infections respiratoires dont la pneumonie.
Les données de l’OMS montrent aussi que le taux de pollution le plus élevé a été enregistré dans les pays en développement et plus de 90% des décès dus à la pollution de l’air se produisent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire, principalement en Asie et en Afrique. « La pollution de l’air est une menace pour nous tous, mais les populations les plus pauvres et les plus marginalisées sont les premières à en souffrir », explique le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS.
Combustibles domestiques polluants
L’OMS souligne que la pollution de l’air est un facteur de risque critique pour les maladies non transmissibles, causant un quart des décès d’adultes imputables à des cardiopathies, et un quart des décès imputables aux AVC, 43% des décès imputables à la broncho-pneumopathie chronique obstructive, et 29% des décès imputables au cancer du poumon. Tirant la sonnette d’alarme, en particulier sur la pollution à l’intérieur des habitations, le directeur général de l’OMS ajoute qu’«on ne peut accepter que plus de 3 milliards de personnes, surtout des femmes et des enfants, continuent de respirer tous les jours des fumées mortelles émises par des fourneaux et des combustibles polluants à l’intérieur de leurs habitations…». En effectuant un suivi de la pollution de l’air à l’intérieur des habitations depuis plus de dix ans, l’OMS a constaté que, si le taux d’accès à des combustibles et à des technologies propres augmente partout, les améliorations restent plus lentes que la croissance de la population, notamment en Afrique subsaharienne, région incluant Madagascar. Faut-il rappeler que dans la Grande île, plus de 90% des ménages utilisent entièrement ou principalement le charbon de bois comme combustible domestique.

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