CYCLONE : Deux zones suspectes sous surveillance dans l’océan indien Sud-Ouest

Pour le moment, les gens s’impatientent sur la venue du premier cyclone à Madagascar, notamment dans la partie Nord de l’île, après l’avertissement lancé par le service météorologique depuis le weekend dernier. Pour le moment rien ne serait à craindre dans les prochains jours étant donné que le système n’a pas encore évolué et n’a aucun impact sur le temps qu’il fait à Madagascar. Toutefois, deux zones suspectes sont désormais sous surveillance dans le Sud-Ouest de l’Océan Indien. Dans le secteur des Seychelles, une cyclogenèse est toujours attendue à partir de la zone suspecte 91S qui va toucher la Grande île. Plus à l’Est, la zone suspecte 92S semble aussi avoir du potentiel pour une cyclogenèse éventuelle.

Cela fait maintenant plusieurs jours que la zone suspecte 91S est sous surveillance. Depuis, il faut avouer que le système n’a guère évolué. Pourtant, les modèles de prévision persistent à suggérer un fort signal de cyclogenèse à partir de cette zone perturbée qui végète dans le secteur des Seychelles. Les conditions environnementales sont favorables à la cyclogenèse et la situation pourrait se décanter en deuxième partie de semaine. Le CMRS continue donc d’estimer que le risque de formation d’une tempête devient important, soit de 60% à 90% à partir de jeudi. Malgré le peu d’évolution notable au cours des derniers jours, ce système doit être suivi de près par les habitants du Nord de Madagascar et de l’archipel des Comores. Le système pourrait suivre au cours des prochains jours, un déplacement qui l’approcherait du Nord de la Grande Île ou de l’archipel des Comores. L’incertitude reste toutefois élevée tant sur la trajectoire que sur l’intensité de l’éventuel futur phénomène. Il reste donc encore difficile d’avoir un scénario solide sur son avenir.

Pendant que nous avions tous les yeux rivés sur 91S, une deuxième zone suspecte numérotée 92S, située entre les Seychelles et les Chagos, est venu prendre un peu tout le monde de court. L’activité convective associée à ce système est importante. Elle paraît d’ailleurs mieux organisée que sa soeur 91S, avec même un semblant de début de courbure cyclonique. Là aussi, les conditions environnementales sont favorables à la cyclogenèse et une circulation dépressionnaire centrée vers 3.2°S et 65.6°E s’est mise en place rapidement.

Encore une fois, l’avenir de ce système est incertain. Mais le scénario qu’une tempête tropicale se forme à partir de 92S, fait bien partie des possibilités selon le CMRS de la Réunion qui estime que ce risque devient modéré (30 à 60%) à compter de mercredi. Les prochaines 36 à 48h seront déterminantes pour ce système. Au-delà, les conditions deviennent défavorables avec un renforcement du cisaillement qui bloquerait toute éventuelle intensification. Enfin, notons que ce système devrait suivre un déplacement globalement orienté vers le Sud, qui le laisserait à l’écart des terres habitées.

La première partie de la semaine sera caractérisée par un alizé faible localement instable, tandis que la deuxième partie sera influencée par l’évolution de la masse nuageuse au Nord de Madagascar. Une baisse de quantité de pluie sera attendue pour quelques jours notamment sur les régions Analanjirofo, Atsinanana, Sava et l’extrême Nord pour les premiers jours de cette semaine. Par ailleurs, l’arrivée d’un front froid dans le Sud y apportera quelque cumul de pluie ce jeudi. Possibilité de retour des orages épars en fin de semaine sur les hautes terres. Le temps sera globalement sec sur le reste. Une baisse des températures maximales sera prévue vers la fin de semaine. Les minimales seront entre 14C-27°C tandis que les maximales varieront entre 27°C-38°C

Pour l’heure, on ne sait donc pas grand’chose et il faudra encore attendre que les modèles accordent leur violon, pour y voir plus clair. Si le déterministe du modèle GFS semble proposer une menace éventuelle pour les Mascareignes, les prévisions ensemblistes donnent plus de poids au scénario qui prévoit un système se déplaçant vers le Canal du Mozambique. En résumé, il faut être prudent avec l’utilisation que l’on fait des modèles de prévision et prendre en compte l’ensemble des données et pas uniquement les simulations du déterministe, comme on peut voir fleurir sur les réseaux sociaux en ce moment.

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