La dernière élection de l’année vient juste de s’achever. L’économie du pays peut souffler quelques mois avant que cela ne reprenne de nouveau en 2020 avec éventuellement les sénatoriales, les élections des gouverneurs et celles des présidents de fokontany.
A Madagascar, l’économie et son environnement des affaires demeurent toujours sous l’emprise de la politique. C’est indéniable : les évènements politiques de cette année (présidentielle, législatives, communales) ont perturbé le bon déroulement de toutes les activités.
Autrement, comment comprendre que les députés aient suspendu le débat portant sur le projet de Loi des finances 2020 pendant la période de campagne des communales. Nos élus ont mieux à faire que de se pencher sur un texte de loi qui, pourtant, a toute son importance car il va déterminer toutes les activités du pays tout au long de la nouvelle année qui se profile déjà.
Sans aucun doute, chaque période électorale est une période d’incertitude, donc de quoi ne pas rassurer les investisseurs, les marchés et les banques. Ce qui n’est pas de nature à arranger la situation économique du pays car Madagascar figure parmi les pays les moins sécurisés et les moins attrayants pour les investisseurs privés étrangers et domestiques (en termes de propension à faciliter les affaires) et ce, malgré ses opportunités si souvent citées.
Cette situation d’incertitude est accentuée par la corruption, la mauvaise gouvernance, le népotisme et le copinage qui sont de mise à tous les niveaux. Dans ces conditions, il est peu probable qu’on accueille des investisseurs sérieux qui cherchent en même temps à faire fructifier leurs capitaux et développer le pays. On ne récoltera que ce type d’investisseur qui cherche toujours, par tous les moyens, à réaliser un retour sur investissement dans les plus brefs délais et cela, même au détriment du développement du pays.
Ranaivo Lala Honoré

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