Dans le cadre de son programme portant sur des enquêtes concernant la corruption dans les administrations publiques, Transparency International-Initiative Madagascar a ciblé, cette fois-ci le ministère de la Santé publique. L’opération ainsi menée s’intitule « Tsaboy ny Gasy », une étude menée grâce au financement de l’Union Européenne. L’objectif est de mesurer le coût et les impacts de la corruption dans le domaine de la santé à Madagascar.
Les résultats de l’étude ont été présentés au Louvre à Antaninarenina, montrant que 65% de la population sont victimes de la corruption en ce qui concerne la santé en général sur un échantillon de 3.000 personnes enquêtées. Parmi les principales causes énoncées figurent la hausse des frais de consultation, la surfacturation des médicaments, la nécessité de payer de l’argent pour avoir accès aux soins médicaux adéquats et bénéficier d’une bonne prise en charge par rapport aux autres patients, la lenteur administrative et de la prise en charge des malades notamment dans les hôpitaux publics, la négligence du personnel médical dans la prise en charge des patients au cas où ces derniers n’ont pas de connaissances des médecins et autres… 63% des personnes interrogées lors de cette étude se sont exprimés qu’il s’avère indispensable de dénoncer et de porter plainte face à ces formes de corruption.
Toujours, selon l’étude menée par Transparency International, 84% des personnes enquêtées confirment l’existence de la corruption auprès du département de la Santé publique et 57% reconnaissent avoir pratiqué une forme de corruption, comme dans l’accès aux soins et médicaments. Antananarivo est classé au premier rang en matière de corruption avec un taux de 73%, suivi d’Antsiranana avec un taux 67%. Face à cette situation, des efforts restent à fournir pour le ministère de la Santé publique pour ne pas ternir son image, étant donné qu’il s’agit de sauver de vies quand on parle de la santé publique et « La santé constitue notre première richesse » mais en vain.
Pour Transparency International, le département de la Santé doit impérativement assurer la bonne gouvernance. Il suggère alors l’application des sanctions administratives selon les lois en vigueur en cas de corruption. Et plus, les corrompus doivent être traduits en Justice. Le gouvernement devrait régulièrement conduire des audits et des évaluations de performances des établissements de santé à tous les niveaux et encourager la dénonciation des faits de corruption dans tous les domaines. Enfin, la contribution de l’Etat aux dépenses de Santé ne doit plus rester symbolique. L’heure est à l’action. Tsaboy ny Gasy !

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