Opposition cherche un Chef !

Un congrès national de l’Opposition pour cette année. C’est ce que Marc Ravalomanana a annoncé lors des échanges vœux organisés par son  parti « Tiako i Madagasikara » (TIM), hier 2 janvier à son domicile de Faravohitra. Mais la question est de savoir, de quel droit ou à quel titre se permet-il de faire une telle déclaration, alors même qu’officiellement, aucun chef de l’opposition n’a pas encore été élu ni désigné ? Du moins, depuis l’adoption par l’Assemblée nationale de la loi relative au statut du chef de file de l’opposition.

Par contre, il est des partis qui sont déclarés être des opposants au régime actuel, et donc avec leurs chefs respectifs. Ce sont notamment ces groupements et formations  que se sont rassemblés au sein du « Rodoben’ny Mpanohitra ho an’ny Demokrasia eto Madagasikara » (RMDM, et qui peut être traduit littéralement : Rassemblement de l’Opposition pour la Démocratie à Madagascar), avec le Tiako i Madagasikara (TIM) et son président Marc Ravalomanana comme chef de file.

Le fait est que depuis sa déclaration de juillet dernier, annonçant que le TIM se positionne officiellement dans l’opposition, Marc Ravalomanana se serait lui aussi « autoproclamé » comme chef de file de l’opposition. Relevons en passant qu’une telle autoproclamation ne lui est pas nouveau puisqu’il l’avait déjà fait en 2002, lorsqu’il s’est déclaré vainqueur au premier tour (1er tour dia vita) des présidentielles de l’époque.

Pour le TIM, ce poste de chef de l’opposition revient de droit à son président… vu que celui-ci a terminé deuxième aux élections présidentielles de 2018 et que le parti est également le deuxième à avoir disposé d’un certain nombre d’élus à l’Assemblée nationale. Par ailleurs et sur le plan juridique, le TIM s’est constitué légalement opposant auprès du ministère de l’Intérieur, et cela avant l’examen et l’adoption de ladite loi sur le statut du chef de l’opposition par l’Assemblée nationale. Une adoption qui a mis à l’écart le chef de l’opposition… s’il n’est pas député. Mais Marc Ravalomanana s’est empressé de préciser qu’il n’a pas besoin de siéger à Tsimbazaza, soulignant par la même occasion qu’il veut tout simplement qu’on respecte la loi et qu’on valorise la démocratie dans le pays.

Marc Ravalomanana juge que cette loi est une atteinte à sa personne. « Je suis le chef de file de l’opposition, j’ai été investi par les membres de mon parti TIM, ils sont les seuls à me conférer une légitimité », a-t-il fait valoir.

Mais au sein de la majorité présidentielle, on considère qu’il faut donner plus de place à une « opposition parlementaire ».

En tout cas, les débats sur cette loi relative au statut du chef l’opposition sont encore loin  d’être clos, malgré son adoption par l’Assemblée nationale. Une adoption qui n’aura été qu’une simple formalité pour un texte proposé par le camp présidentiel dans une Chambre basse acquise au chef de l’État.

Il reste à savoir maintenant si Marc Ravalomanana sera officiellement reconnu et/ou élu chef de file de l’opposition par ce congrès national qui est prévu cette année. Il le serait déjà si l’on considère les différentes réunions tenues par le RMDM ces derniers jours. Mais il faut que cela soit officialisé par un acte légalisé et avalisé par les pouvoirs publics officiels.

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